Dans le quotidien roumain Romania Libera, l’analyste politique Cristian Pârvulescu établit une comparaison entre l'actuelle Union européenne et la République de Weimar, alimentée selon lui par "l’équivoque politique et doctrinaire que les partis de droite génèrent en Europe". Une équivoque "facilitée par l’association dans le même groupe au Parlement européen de partis nationaux peu compatibles entre eux, comme le Peuple de la Liberté de Silvio Berlusconi, l’Union pour un Mouvement Populaire de Nicolas Sarkozy et l’Union Chrétienne-Démocrate d'Angela Merkel", affirme Pârvulescu.

Affectées par la partitocratie et la crise économique, les démocraties européennes seraient aujourd'hui fragilisées. "Cette situation confuse, poursuit-t-il, crée des conditions pour la promotion de la rhétorique nationaliste". C’est ainsi, rappelle-t-il, que les choses se sont passées en Allemagne au début des années 1930 : "Ce sont la faiblesse des partis et la crise économique qui ont permis la montée de Hitler".

"L’histoire ne se répétera peut-être pas, l’UE est peut-être plus forte aujourd’hui que l’Europe d’il y a 80 ans", conclut Pârvulescu, pour lequel "le succès des extrémistes ne doit néanmoins pas être minimisé, car on risque de les légitimer dans la politique nationale !"

Lui répondant depuis les colonnes de l’hebdomadaire italien Panorama, le bouillonnant Giuliano Ferrara ironise sur ces journaux. "on a toujours l'impression de vivre les derniers jours de la République de Weimar. Sauf qu'ils sont rapidement démentis par les faits, comme l'a remarqué encore récemment l'historien marxiste britannique Eric Hobsbawm".

Ferrara minimise ainsi les conséquences des élections européennes, en particulier pour ce qui est de la progression de l'extrême droite. "Aux européennes, on a toujours l'impression que le fascisme arrive, sans parler du racisme", affirme l'éditorialiste conservateur italien, pour lequel la seule chose réelle, c'est "la crise des partis idéologiquement liés au mythe finissant du socialisme". Tout comme Jörg Haider ou Pim Fortuyn, le controversé leader de la droite néerlandaise Geert Wilders ne serait pas, selon Ferrara, le symbole de la montée de "forces autoritaires et macho", mais celui d'"histoires d'amour privées avec le territoire".