Le coût macroéconomique des maladies se mesure selon deux critères : les "coûts directs", engagés pour traiter les malades (prise en charge hospitalière, vaccins, etc.) et les "coût indirects", générés par la maladie elle-même (pertes de productivité dues aux arrêts de travail). Dans le cas de maladies contagieuses telles que la grippe A, cette approche n'est pas pertinente car elle ne prend pas en compte les coûts induits par la modification des comportements individuels entrainée par la crainte de la maladie, explique l'économiste Pierre-Yves Geoffard. "Durant un épisode, alors même que le nombre de cas peut rester relativement faible, les réactions de la population peuvent (…) perturber sérieusement le fonctionnement de l'économie", écrit-il dansLibération.

Autrement dit, "l'effet panique" – déplacements touristiques ou professionnels annulés, transports en commun désertés, fermetures des lieux de loisirs, etc.- a un impact non négligeable sur le coût réel de l'épidémie. Dans les principaux pays touchés par l'épidémie de SRAS en 2003, la baisse brutale de demande de services avait entrainé une diminution de la production totale entre 1 et 2% du PIB. "L'anticipation de perturbations peut même conduire à une baisse de l'investissement et à d'importants mouvements des capitaux internationaux : le Mexique a d'ores et déjà connu une chute brutale du peso", remarque le chercheur. Pour minimiser ses comportements de panique et éviter qu' "une épidémie sans réelle gravité vienne ajouter une crise à la crise actuelle", Pierre-Yves Geoffard appelle les pouvoirs publics à faire preuve de transparence et à diffuser des informations objectives.