Avant les élections, les sondages d'opinion indiquaient que deux partis étaient au coude à coude, rivalisant pour la première place : le Parti pour la liberté et la démocratie (VVD), membre libéral de droite de l'ADLE dirigé par le Premier ministre Mark Rutte, et le nouveau parti populiste d'extrême droite, le Forum pour la démocratie (FvD), devenu soudainement célèbre lors des élections provinciales de 2016, et faisant maintenant partie du groupe eurosceptique ECR. Mais c'est finalement le Parti travailliste (PvdA) qui a remporté la victoire au nom du groupe socialiste et démocrate (S&D).

Cela a plus que compensé sa performance lors des élections européennes de 2014, lorsque les Travaillistes ont joué un rôle dans la coalition avec le VVD de Rutte qui a largement perdu le soutien des électeurs de gauche. Après les élections nationales de 2017, les Travaillistes étaient libres de critiquer la troisième grande coalition de Rutte de l'extérieur. Le véritable coup de pouce est venu de Frans Timmermans, vétéran du S&D : c'est surtout la perspective de voir un Néerlandais décrocher un poste de haut niveau dans l'UE – il était le candidat des S&D à la présidece de la Commission européenne – qui a propulsé le parti au sommet du scrutin avec 18,9 % des voix et six sièges au Parlement européen.

Les élections européennes ne changeront probablement pas la politique intérieure

Aussi inattendu que cela puisse paraître, son effet sur la politique intérieure a jusqu'à présent été limité. Le VVD a remporté trois élections nationales consécutives sous Rutte. Bien qu'il n'ait jamais remporté d'élections européennes, sa deuxième place signifie qu'il reste le parti le plus fort de la coalition actuelle.

FvD, l'arriviste du bloc populiste, est arrivé troisième avec 10,9 % et trois eurodéputés. Utilisant une rhétorique anti-UE prudente qui ne mentionnait pas Nexit – la sortie du pays de l'UE –, ils ont trouvé un juste équilibre entre le scepticisme vis-à-vis de l'UE et la crainte de s'enliser dans un processus du type Brexit. Parmi les principaux responsables politiques du parti, Derk Jan Eppink avait occupé des postes de secrétaire de cabinet à la Commission européenne avant d'être élu député européen en 2009, lorsqu'il représentait le parti LDD belge (alors connu sous le nom de Liste Dedecker). Eppink a certainement semblé compétent pendant la campagne, permettant au chef du parti Thierry Baudet d'utiliser librement sa rhétorique anti-islamique pour tenter de courtiser le vote populiste traditionnel. Nier l'origine humaine du changement climatique est une autre spécialité de Baudet.

La campagne du FvD a effectivement anéanti le PVV de Geert Wilders, qui visait à prendre la première place aux élections nationales il y a tout juste deux ans, mais n'a pas reçu un seul mandat cette fois – à moins que Brexit n'arrive enfin et que la redistribution des sièges ne conduise le PVV à obtenir un poste de député européen.

Stabilité relative, participation relativement élevée

Le système politique néerlandais a très peu de barrières à l'entrée parce qu'il n'y a pas de mandats à scrutin majoritaire uninominal à un niveau quelconque. Il n'y a pas non plus de seuils pour les élections régionales, ni pour les chambres basse et haute, ni même pour le Parlement européen. Néanmoins, les blocs populistes de gauche et de droite restent relativement stables. Les partis affiliés aux Verts ont augmenté leur soutien global.

Le taux de participation a augmenté de 5 % par rapport aux niveaux de 2014 et a été le plus élevé depuis 1989. Pourtant, avec 41,8 %, il est encore nettement inférieur à la moyenne de l'UE. Bien que les Pays-Bas comptent l'une des populations non nationales les plus importantes parmi les États membres, il est probable que seul un petit nombre de ressortissants de l'UE ont voté, puisque le processus d'enregistrement a effectivement pris fin avant le début de la campagne électorale.

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