La plupart des révélations sur les pratiques abusives d'hommes politiques proviennent du Royaume-Uni, où les députés et les ministres jouissent d'énormes avantages financiers, ce qui ne les empêche pourtant pas de commettre des abus, du moins pour une bonne partie d'entre eux. L'affaire emblématique est le cas de l'ex-ministre de l'Intérieur britannique, Mme Jacqui Smith, qui est allée jusqu'à décompter un bouchon pour sa baignoire (d'un coût inférieur à un euro) et la location de films pornographiques.

Scandale au Parlement britannique

Le scandale a éclaté lorsqu'il est apparu que de nombreux parlementaires et ministres britanniques possédant un appartement à Londres empochaient chaque année les milliers de livres de l'indemnité destinée à leur permettre de trouver un logement dans la capitale. De plus, certains députés ont vendu leurs propriétés à Londres, en les déclarant comme des résidences principales et n'ont ainsi pas eu d'impôt à payer sur la vente, comme la loi britannique le stipule. La campagne menée au printemps par la presse britannique a révélé les abus commis par les parlementaires, avec des résultats désastreux pour la classe politique. Sur fond de crise, on parle maintenant de plus en plus en Grande-Bretagne de la réforme du statut des députés et des ministres.

Richissimes députés italiens

Lesdéputés italiens comptent parmi les parlementaires les mieux payés au monde : des salaires de plus de 10 000 euros bruts par mois, auxquels s'ajoutent 50 000 euros par an pour ceux qui doivent payer pour une résidence secondaire et 50 000 euros supplémentaires par an pour payer assistants, secrétaires, etc. A cela s'ajoutent assurances et transports gratuits et autres avantages. La confiance à l'égard des parlementaires est tellement faible que l'on a récemment proposé d'installer un détecteur d'empreinte digitale sur chaque banc du Parlement pour empêcher députés et sénateurs de voter pour leurs collègues absents.

Les eurodéputés sur pied d'égalité

Au Parlement européen, depuis cette année, les salaires des députés ont été plafonnés à 7 665 euros bruts par mois. Il y a eu une certaine responsabilisation des députés européens, qui pendant des décennies pouvaient, par exemple, réclamer le remboursement d'un billet d'avion en première classe chaque fois qu'ils rentraient chez eux, sans devoir en présenter la preuve. De même, ce n'est que très récemment que l'on a introduit une forme de contrôle sur une ancienne pratique des eurodéputés, qui reçoivent, en plus des salaires et des indemnités journalières, 17 000 euros par mois pour les fournitures de bureau et les salaires de leurs assistants. Nombreux étaient ceux qui embauchaient leur conjointe ou leurs enfants et gardaient la totalité de la somme. Si les nouvelles règles ne permettent plus aux eurodéputés d'employer des membres de la famille, il a été calculé qu'un député européen pouvait économiser jusqu'à un million d'euros en cinq années de mandat !

Les pauvres élus allemands

A l'extrême opposé de ces excès, les députés allemands ne reçoivent, en plus du salaire de base (8 000 euros), que 3 700 euros par mois pour couvrir leurs frais de logement et de représentation – même s'ils vivaient déjà à Berlin -, et un abonnement annuel aux transports ferroviaires, auxquels s'ajoutent un peu plus de 1 000 euros par mois pour les frais de bureau. Le système allemand assurant le même statut pour tout le monde, l'Allemagne n'a pas connu jusqu'à présent de scandales liés aux dépenses des députés.