Tous les Crétois sont des menteurs, disait Epiménide le Crétois. Dans l’épître de Saint-Paul à Tite, la parabole philosophique évoquant ce cercle infernal de la logique paraît plus rude encore : “Quelqu’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : les Crétois sont toujours menteurs, de méchantes bêtes, des ventres paresseux”. Ce que l’on appelle le Paradoxe d’Epiménide trouve désormais son application dans la politique. Car tout le monde pousse des hauts cris parce que les Grecs auraient menti. Parce qu’ils vivaient au-dessus de leurs moyens. Parce qu’ils ont contracté plus de dettes qu’ils n’ont jamais pu en rembourser, et qu’ils attendaient que le reste de l’Europe — ou plus précisément, une partie du reste de l’Europe — leur serve de trésorier. Tout comme les banques qui ont récupéré les titres grecs dans leurs portefeuilles en se disant qu’un Etat peut certes se retrouver en faillite, mais pas un membre de l’UE.

Une attitude encouragée par les politiques

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