A la fin du meeting, debout sur la petite scène au bord de la place du marché historique de Lübeck, ils entonnent en chœur l’hymne national. Angela Merkel chante à pleins poumons, son secrétaire général Hermann Gröhe remue timidement les lèvres. Avec les grandes figures locales de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), ils regardent les quelque deux mille citoyens qui se sont levés de leurs bancs. Seuls les chrétiens-démocrates finissent leurs meetings de campagne avec cette note finale nationale. C’est le dernier vestige de la position conservatrice qui caractérisait auparavant la CDU et qui a quasiment disparu sous la présidence d’Angela Merkel. Certains partisans déplorent cette disparition. Peut-être ce chant patriotique les réconforte-t-il un peu.

Cette appropriation de l’hymne national par la CDU nous amène directement à la question centrale de cette année électorale : Angela Merkel mène-t-elle une campagne classique ? Une campagne lors de laquelle la présidente de la CDU se confronte aux autres partis, pendant laquelle elle discute, elle parle politique, elle se bat ? Ou bien parviendrait-elle, même en ces temps de débat politique aigü, à se tenir hors des querelles partisanes ? Arriverait-elle, même en cette période de campagne, à envelopper le pays dans un manteau de bien-être inconscient et autosatisfait ?

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