Prélevée sur les émissions de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel, etc.), la taxe carbone vise à réduire la consommation d’énergies polluantes, en augmentant leur prix proportionnellement à leur contenu en dioxyde carbone. Chaque hausse est compensée par une baisse des charges sociales pour les entreprises ou de l’impôt sur le revenu pour les ménages. Résultat : "depuis son introduction en 1991, les rejets suédois de gaz à effet de serre ont été réduits de 9%", indique Olivier Truc dans Le Monde. Et les Suédois sont parmi les Européens qui émettent le moins de CO2 (6,7 tonnes par habitant contre 9,3 en moyenne dans l'UE).

Contrairement aux craintes des sceptiques de la première heure, elle n'a pas ralenti la croissance et a même fini par séduire les chefs d'entreprise suédois. "La taxe carbone ne s'est pas avérée être un obstacle majeur à la croissance, mais il faut rappeler que c'est parce que l'industrie bénéficie d'une réduction de 79% par rapport à ce que payent les foyers", estime un représentant du patronat interviewé par le quotidien français. Si la réussite de la taxe carbone en Suède ne fait aucun doute, elle s'explique aussi par le fait que le pays est peu dépendant du pétrole. "Grâce au nucléaire et aux centrales hydroélectriques qui, ensemble, produisent la quasi-totalité de l'électricité suédoise, mais aussi parce que, avec la Finlande, [la Suède] est l'Etat qui utilise le plus de combustibles non fossiles, essentiellement de la biomasse forestière", souligne Le Monde.