L'Islande, davantage tournée vers les Etats-Unis que vers l'Europe,vient de s'ajouter à la liste des pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne. Confrontée à une faillite de son système bancaire et dépendante des aides du FMI depuis l'éclatement de la crise économique en octobre 2008, Reykjavik s'est en effet décidée, le 23 juillet dernier, à déposer sa candidature auprès de Bruxelles.

Mais le destin européen de l'île, qui semble remplir les critères d'adhésion, dépend largement d'une autre île : l'Irlande, qui se prononcera par référendum sur le Traité de Lisbonne le 2 octobre prochain, constate Le Monde. "Ce traité, outre qu'il est plus démocratique et plus efficace, permet à l'Union de s'élargir à d'autres pays. Le traité de Nice en vigueur ne permet d'accueillir un 28ème Etat membre, à moins de modifications substantielles. Sans Lisbonne, pas d'élargissement à l'Islande, à la Croatie, à la Turquie et aux autres candidats" écritMarion Van Renterghem dans le quotidien français.

Ces deux îles de l'Atlantique, rappelle la journaliste, ont en commun d'être passées "en un temps record de la misère à la richesse jusqu'à l'éclatement, soudain, dans la crise économique et financière mondiale, des bulles qu'elles avaient formées à force de crédit immobiliers ou de spéculations financières".

A la fin des années 1980, l'Irlande, jadis le pays le plus pauvre d'Europe, devient le deuxième pays le plus riche de l'UE. Au milieu des années 1990 l'Islande se hisse quant à elle au rang des pays parmi les plus riches du monde. Si les deux pays ont été les plus touchés d'Europe par les répercussions de la crise financière et économique mondiale, leur réaction, note Le Monde, diverge. "L'Irlande (…) a dit "non" au traité de Lisbonne en 2008, au moment où elle passait de 'bénéficiaire net' à 'contributeur net' et se méfie de l'élargissement". L'Islande, au contraire, est aujourd'hui pressée de rejoindre l'UE. Le destin de "ces drôles d'Européennes" sera scellé le 2 octobre prochain.