Ritwik Swain, un Britannique de 19 ans estime que son choix reste d’avant-garde pour ses compatriotes étudiants. Il fait ses études à Groningue, aux Pays-Bas. Il y a à peine un an, il n’avait jamais entendu parler de cette ville et ne savait absolument rien sur les universités néerlandaises. Deux semaines plus tard, il logeait dans une auberge de jeunesse, inscrit en licence de psychologie. Et il n’a aucun regret. "Je fais quelque chose qui est encore rare chez les étudiants britanniques. J’acquiers une expérience internationale et j’économise beaucoup d’argent", explique-t-il au téléphone.

Swain voulait d’abord entrer à l’université deWarwick, qu’il considère comme la meilleure université du Royaume-Uni aprèsOxford etCambridge . Au printemps, il envoya son dossier avec lettre de motivation, CV et lettres de recommandation à cinq universités. Trois lui firent une offre : il pouvait s’inscrire à condition d’obtenir un A et deux B. Lors du "results day", la journée d’août où les lycées publient les notes du A-level, il s’avéra qu’il avait deux B et un C. "Je pouvais entrer à l’université deCoventry*, mais elle est beaucoup moins bonne que Warwick",* commente, Swain. Il se mit en quête d’une autre option et, en moins de deux semaines, il s'est retrouvé aux Pays-Bas.

10 000 euros par an au Royaume-Uni, 1700 euros aux Pays-Bas

A la rentrée 2011, il verra certainement plus de compatriotes venir lui tenir compagnie. Car le nombre d'étudiants qui ne parviennent pas à trouver de place dans une université britannique est en constante augmentation.Après le triplement des frais d'inscription qui atteignent désormais 9 000 livres(plus de 10 000 euros) par an, de plus en plus de Britanniques regardent ce qui se passe au-delà des frontières du royaume.

Et les Pays-Bas, où les Britanniques peuvent s’inscrire à la fac pour 1.700 euros par an, semblent avoir le vent en poupe. La Maastricht University, qui compte ainsi huit programmes de licence en anglais, a reçu à ce jour 450 préinscriptions britanniques. Ils ne viendront peut-être pas tous, mais l’intérêt est nettement plus important que l’année dernière. Des centaines d’étudiants se sont également déjà inscrits à Groningue, qui propose neuf formations de licence en anglais.

"Parmi tous les Européens, les Britanniques sont traditionnellement les moins voyageurs", explique l’entrepreneur Mark Huntington, qui a créé en 2006 une agence pour informer les étudiants britanniques des études à l’étranger. "Les rares fois qu’ils partaient, ils allaient en Australie ou aux Etats-Unis."Les universités européennes suscitaient peu d’intérêt et les universités néerlandaises encore moins.

La troisième destination des étudiants britanniques

Mais en deux ans, l'engouement pour les études aux Pays-Bas s'est précipité. Si au départ un lycéen sur dix demandait des renseignements sur les Pays-Bas, plus de la moitié voulait en savoir plus cette année. "Les Pays-Bas sont désormais le troisième pays le plus populaire, après l’Australie et les Etats-Unis", explique Huntington, qui recrute cette année des étudiants pour dix établissements néerlandais.

"La principale raison de l’intérêt des Britanniques pour les études aux Pays-Bas est l’argent", explique Huntington. Les contenus de l'enseignement expliquent également cet attrait : "Les formations aux Pays-Bas ont souvent un caractère plus pratique et préparent mieux à la vie professionnelle. Et au Royaume-Uni, le fait d’avoir un diplôme n’est plus exceptionnel en soi. Il faut savoir se distinguer sur le marché du travail."

Les établissements néerlandais sont pour leur part très satisfaits d’accueillir les Britanniques. "C’est pour nous un groupe nouveau mais important, car entendre des natifs parler anglais est bon pour les autres étudiants", explique un porte-parole de l’Université de Groningue. Les étudiants britanniques correspondent aussi au profil international de la Maastricht University. A condition qu’ils soient motivés, souligne le porte-parole. "Là-bas, une fois qu’on est entré à l’université, on réussit. Chez nous, il est plus facile d’entrer, mais on abandonne plus facilement en cours d’études. Les Britanniques doivent bien réaliser cela."