En ces temps de crise financière, politique et peut-être bientôt institutionnelle, il est bon de voir l'Europe sous un autre angle, plus terre à terre, c'est à dire plus proche des gens. Ironie du moment, c'est dans les salons du Quai d'Orsay, ce 9 mai, que l'on pouvait avoir un aperçu de cette vision riche et multiple, à l'occasion de la remise du prix Louise Weiss du Journalisme européen par le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche. (Lire ici la riche vie de Louise Weiss)

Ce prix, décerné chaque année par l'Association des journalistes européens (Presseurop était représenté dans le jury de 10 journalistes), est allé dans la catégorie sénior à Vladimir Vasak pour son reportage "Autour de la Mer noire" (photo)diffusé sur Arte, et dans la catégorie junior à Prune Antoine pour son article "Pologne : quand les parents sont partis..." publié par Questions de femmes.

Sorte de "road movie géopolitique" (à visionner sur le site d'Arte), le reportage de Vladimir Vasak, journaliste confirmé de la chaîne franco-allemande, est fait de rencontres variées, de tranches de vie de chaque côté des frontières – des limites entre Etats qui sont parfois les limites entre la guerre et la paix – de regards qui ne se croisent pas toujours mais qui regardent pour la plupart vers l'Europe. Un carnet de voyage qui vaut à lui seul quelques compte-rendus de sommets diplomatiques.

L'article de Prune Antoine, quant à lui, est une enquête sur ce que l'on a appelé le phénomène des "euro-orphelins", ces enfants polonais dont les parents sont partis travailler au Royaume-Uni ou en Irlande après l'élargissement de 2004, et qui restent seuls dans des orphelinats d'Etat. Un regard sur une face cachée du principal phénomène social dans l'Europe des années 2000, qui a le mérite de donner la parole et une existence à ces enfants et ceux qui s'en occupent, tout en prenant garde de donner sa juste mesure au phénomène. Journaliste freelance, Prune Antoine est basée à Berlin.

Une mention spéciale du jury a également été décernée à Eur@dionantes, une rédaction composée d'étudiants en journalisme européens rassemblés pour diffuser en plusieurs langues sur la bande FM dans la région nantaise et sur Internet partout ailleurs. Un Presseurop audio et étudiant en quelque sorte ! Infos, reportages, revue des radios européennes, à écouter ou podcaster : la webradio créée il y a trois ans projette maintenant de s'étendre à d'autres pays.

Presseurop félicite d'autant ces trois lauréats que l'une des journalistes qui les a précédé, Iulia Badea-Guéritée (en 2006, pour son article "Travail illégal, les Roumains ont trouvé la formule magique"), est aujourd'hui éditrice de notre version en roumain.

E.M.