Conflit d'intérêts : L’EFSA perd un peu plus de crédibilité

20 juin 2011 – Presseurop Notebook

L'EFSA, l’agence chargée de donner des avis scientifiques à la Commission européenne sur tout ce qui touche la sécurité alimentaire, est de nouveau pointée du doigt pour les liens douteux entre ses spécialistes et l'agrobusiness.

Onze des 20 experts du panel ANS, le panel chargé de rendre des avis scientifiques sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutées aux aliments, se trouveraient, selon une étude publiéepar le Corporate Europe Observatory (CEO) [un groupe indépendant dont l'objectif est de révéler le pouvoir des lobbies au sein de l'UE], dans une situation de conflits d’intérêts en raison de leur proximité avec l’industrie agroalimentaire.

Les épinglés sont :

Le président du panel, le Danois John Christian Larsen, le Néerlandais Gerrit Speijers (rapporteur), l’Irlandaise Iona Pratt et l’Autrichien Jürgen Köning : ils ont omis de mentionner dans leur déclaration leur collaboration active avec l’International Life Sciences Institute (ILSI), une association qui regroupe les plus grandes entreprises de l’agroalimentaire comme Monsanto, Syngenta ou encore BASF. L'OMS avait notamment retiré de sa liste d'organisations partenaires après la publication par l'ILSI d'études sous-estimant les effets du tabac. La vice-présidente du panel, Ivonne Rietjens, mena pour Nestlé des études sur des additifs alimentaires, en 2005. Le Belge Paul Tobback, professeur à l'université catholique de Louvain et membre du comité scientifique de la FEVIA, le lobby belge de l’industrie alimentaire. L'homme d'affaires britannique John Gilbert, le scientifique français Jean-Charles Leblanc, le scientifique Fernando Aguilar, la Française Dominique Parent-massin, l'oncologue italien Sandro Grilli sont également cités.

Le panel ANS avait suscité la controverse en février dernier. "La commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen (Envi), avait en effet demandé à l’Efsa de revoir l’évaluation – faite par le panel ANS – des risques pour la santé que présente l’aspartame, l’édulcorant le plus utilisé au monde, (entre autres pour les sodas "sans sucre"). Deux autres études, l’une danoise, l’autre italienne, mettaient en effet l’accent sur le potentiel cancérigène de l’aspartame et son rôle dans le déclenchement d’accouchement prématuré. Le 28 février, le panel déclarait qu’il ne "voyait pas de raison de reconsidérer ses évaluations de sécurité sur l’aspartame ou d’autres édulcorants autorisés dans l’Union européenne"." écrit La Libre Belgique.

Les conflits d'intérêts ne semblent décidemment pas choquer l'EFSA. En novembre dernier, l'Autorité renouvelait à la tête de son conseil d'administration la hongroise Diána Bánáti. Un mois avant cette décision, l'eurodéputé José Bové avait pourtant révélé un petit oubli sur le CV de Bánáti : son passage au conseil d'administration de l'ILSI.

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