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"Le cauchemar de la dette grecque mis à nu", titre le Financial Times après s’être procuré un rapport “strictement confidentiel", élaboré et distribué la semaine dernière aux responsables de la zone euro par les analystes de la troïka [UE, BCE, FMI].

Les 10 pages de ce rapport intitulé "Analyse sur la viabilité de la dette grecque", explique en susbtance que :

Même en envisageant le scénario le plus optimiste, les mesures d'austérité imposées à Athènes risquent de faire plonger le pays dans une récession si importante que la Grèce ne sera pas capable de sortir du trou de sa dette au cours des trois années du nouveau plan de sauvetage de170 milliards d'euros (136 milliards débloqués qui viennent s’ajouter aux 34 milliards d’euros restant du premier plan de sauvetage de 110 milliards).

Selon le rapport, les deux grands principes du plan de sauvetage pourraient bien se révéler auto-destructeurs :

Obliger la Grèce à l'austérité pourrait entraîner une hausse importante du niveau de la dette en affaiblissant considérablement l'économie. De plus, la restructuration de la dette de 200 milliards d’euros pourrait bien empêcher le retour du pays sur les marchés financiers en raison de son effet dissuasif sur les investisseurs privés.

Le rapport estime que la dette grecque se résorbera bien plus lentement que ce qui est espéré :

A seulement 160% du PIB d’ici 2020, bien loin de la cible de 120% du PIB fixée par le FMI. Dans ce cas de figure, la Grèce aurait besoin d'une aide de 245 milliards d'euros, soit bien plus que les 170 milliards projetés par les ministres de la zone euro au cours de leurs discussions qui se sont déroulées dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 février à Bruxelles.