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Trop, c'est trop. Pour protester contre l'agression par balles de deux d'entre eux, des centaines de clandestins africains – vivant dans des conditions épouvantables et exploités par la 'Ndrangheta [la mafia calabraise] – ont incendié des voitures et brisé des vitrines, jeudi 7 janvier, à Rosarno, en Calabre, dans le sud de l'Italie. Des milliers d'immigrés venus de villages voisins ont également participé à une marche de protestation devant la mairie, dont l'administration est sous tutelle de l'Etat pour cause de liens avec la 'Ndrangheta. Alors que les autorités locales et les travailleurs sociaux ont pointé du doigt les mauvais traitements que leur fait subir la mafia, le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni a répété son refrain préféré : il y a trop d'immigrés et leur présence "alimente la criminalité". Le Corriere della Sera, au contraire, met en cause les contradictions croissantes entre les idées "extrémistes" sur l'immigration : "il y a un nombre incroyable de politiciens superficiels, de xénophobes, d'intellectuels libéraux, de prêtres (trop) accueillants, de magistrats démocrates… Toute cette confusion est porteuse de troubles."