La Commission européenne a lancé le 6 septembre une enquête sur d'éventuelles infractions à la loi anti-dumping commises par des sociétés chinoises soupçonnées de vendre des panneaux solaires à perte. Une décision qui pourrait déclencher une nouvelle guerre commerciale avec la Chine, Pékin menaçant de représailles contre les vins et les matériaux de construction européens.

Selon le New York Times, l'affaire "intervient après une série de banqueroutes et de fermetures d'usines des fabricants de panneaux solaires européens" ces dernières années. "La plainte déposée à Bruxelles est émise par un consortium d'une vingtaine d'entrepreneurs européens qui représente 1/4 de la production européenne", rapporte le Guardian qui cite une source européenne : "C'est la plus importante plainte reçue par la Commission européenne". Le quotidien poursuit :

La Chine, qui fournit les 2/3 de la production mondiale, a exporté des panneaux solaires pour 21 milliards d'euros vers l'UE l'année dernière, soit près de 80% des panneaux solaires exportés. Le marché est immense. Dans quelques années, la Chine va devenir le plus gros producteur mondial de panneaux solaires, alors que l'UE reste de loin le premier marché pour les produits chinois. Cette enquête est extrêmement sensible et litigieuse, politiquement parlant. Le gouvernement allemand, parce que Berlin profite d'une "relation commerciale spéciale" avec la Chine, se méfie de la colère de Pékin parce que la plainte a été portée par des sociétés allemandes. […]

La Commission s'est engagée à rendre un verdict provisoire, qui pourrait consister à imposer de nouveaux tarifs sur les biens chinois dès le mois de juin prochain. Dans un deuxième temps, les gouvernements européens devront décider de la marche à suivre après l'énoncé du verdict final attendu en décembre 2013.

L'annonce du lancement de l'enquête a déclenché la déception de la Chine, qui a bataillé ferme à Bruxelles pour contrer cette démarche, selon le Guardian. Le China Daily prévient que Pékin pourrait prendre des mesures de rétorsion commerciales si Bruxelles poursuivait son enquête. Le quotidien de langue anglaise va plus loin en ajoutant que

la Chine a exprimé son profond regret à propos de la décision de la Commission européenne […] soutenant qu'elle allait endommager le développement d'une industrie au service d'une énergie propre.