Les habitants des îles Falklands (ou îles Malouines) ont confirmé à 99,8% leur appartenance au Royaume-Uni plutôt que leur rattachement à l’Argentine, au cours d’un référendum organisé le 11 mars sur cet archipel de l’Atlantique sud qui compte 2 900 habitants.

La propriété des ces îles minuscules, situées à 400 kilomètres des côtes argentines, a longtemps été disputée entre Londres et Buenos Aires ce qui a mené au déclenchement, en 1982, de la guerre des Malouines entre la Grande-Bretagne et l’Argentine.

Récemment, l’Argentine a multiplié les appels à la Grande-Bretagne pour qu’elle abandonne ses droits sur cette région qu’elle dit contrôler depuis 150 ans. Pour le Daily Telegraph

le résultat justifie l’attitude de David Cameron qui a soutenu le référendum en tant qu’expression concrète du droit à l’auto-détermination des îliens. Il constitue un pied-de-nez à Cristina Fernandez de Kirchner, la présidente argentine, pour qui cette consultation n’était pas pertinente et était le fait d’"une population implantée". [...] Elle a utilisé ce sujet pour détourner l’attention de ses compatriotes d’une situation économique difficile, notamment dûe à un des taux d’inflation les plus élevé au monde, mais cette tactique a échoué.

Cependant, pour le chroniqueur du Guardian qui commente les résultats, "le référendum s'apparente à un scrutin truqué".

La réponse de l’Argentine selon laquelle le référendum est une farce publicitaire dénuée de sens est absolument correcte (même si on peut ne pas être d’accord avec les revendications territoriales de Buenos Aires). Et il sera vu comme ça à travers le monde, notamment aux Etats-Unis. [...] Peut-être que le meilleur espoir de l’Argentine est de convaincre 1 700 de ses citoyens d’aller s’installer dans ces îles en espérant que la Grande-Bretagne organise un nouveau scrutin dans 7 ans.

Côté argentin, le quotidien Clarín note que le contexte international, "trente ans ans après la guerre", a changé :

Le conflit n’est plus bilatéral à présent, mais régional. […] Un troisième acteur a fait son apparition, et le contentieux n’est plus limité à Buenos Aires et Londres. Ce troisième acteur, c’est la population de l’archipel, qui se comporte de façon autonome par rapport au gouvernement britannique, et qui s’est exprimée à travers son autorité politique.

Sur la même longueur d’onde, son confrère La Nación estime qu’avec ce référendum,

près de 60% des votants ont défini une identité : îliens des Falklands. Qu’ils se trompent ou non, ils pensent qu’ils se gouvernent tout seuls pour toutes les questions essentielles et qui concernent justement la vie de la communauté. Et ils pensent qu’ils ont intérêt à déléguer les relations extérieures et la défense. Ils préfèrent se tromper ainsi, et vivre de la sorte.