Les élections locales du 2 mai ont été le théâtre d’un revirement étonnant dans le soutien au UKIP [UK Independence Party, Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni] – dont la principale revendication reste la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne – qui a recueilli près du quart des suffrages.

Cette augmentation soudaine est la plus importante poussée constatée dans le soutien à la quatrième formation politique du pays depuis la Deuxième guerre mondiale et les commentateurs ne s’y sont pas trompés qui y ont vu "un changement radical" et un "événement sismique". Le chroniqueur de The Observer quant à lui, est franchement moins inquiet. Andrew Rawsley a conseillé à ses collègues de "prendre une douche froide et de se calmer".

Les résultats du UKIP, dont les supporters ont été décrit par le Premier ministre britannique comme des "barjots farfelus et racistes", sont "clairement remarquables" admet-il, même "s’il est extrêmement prématuré de commencer à parler d’un tournant historique".

Andrew Rawsley ajoute que ce vote exprime l’exaspération de certains électeurs à l’égard de l’Europe et leur frustration à l’endroit du système politique en général, tout en expliquant que

le grand défi qui se pose à tous les partis politiques traditionnels est la façon de gérer cette humeur "anti-politique" que le UKIP entretient, ce ressentiment partagé par de nombreux électeurs que la Grande-Bretagne est dirigée dans le sens de leurs propres intérêts et de ceux de leurs amis, sorte d’élite métropolitaine, tous impliqués dans le désordre économique ambiant. [...] Le UKIP est peut-être peuplé d’énergumènes, répugnants et même pire, mais il y a aussi une raison pour laquelle les partis traditionnels devraient être reconnaissants à cette façon très anglaise de protester. A travers l’Europe, l’austérité nourrit une révolte contre l’establishment politique qui se traduit par un soutien toujours plus fort aux partis d’extrême-gauche et d’extrême-droite – des formations comme le Front National de Marine Le Pen en France ou les fascistes d’Aube Dorée en Grèce. Estimons-nous heureux que le UKIP ne soit pas aussi affreux que ça.