"Le scandale d’espionnage de données menace les négociations sur un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’UE", titre le Financial Times, commentant le dernier épisode de cette affaire qui fait état de soupçons pesant sur l’agence américaine d'espionnage électronique, la National Security Agency (NSA), qui aurait rassemblé des enregistrements téléphoniques et intercepté des échanges sur de nombreux réseaux sociaux au cours d’un programme de surveillance baptisé PRISM. Une affaire qui a éclaté après une fuite orchestrée par un ancien employé de la CIA, identifié comme étant Edward Snowden par The Guardian.

Le quotidien économique affirme que ce scandale pourrait aggraver les divergences de vue entre les Etats-Unis et l’Union européenne concernant la protection des données, un sujet qui fait partie des négociations censées commencer le mois prochain pour parvenir à un accord commercial entre Washington et Bruxelles. Une discussion qui doit déjà surmonter les exigences françaises pour protéger l’exception culturelle, qui garantit des subventions à l’industrie de l’art comme la musique ou le cinéma.

A la veille de l’ouverture des négociations, les entreprises américaines de technologie ansi que les compagnies de services financiers ont fait campagne pour assouplir les restrictions sur le partage de données entre l’Europe et les Etats-Unis, rappelle le FT.

Bruxelles avait présenté un projet de loi sur la protection des données l’année dernière, qui donnait aux régulateurs de l’UE le pouvoir d’appliquer des mesures de respect de la vie privée sévères. Les entreprises américaines s’opposent à bon nombre de ces mesures qui pourraient menacer leurs modèles commerciaux. La législation européenne sur la protection de la vie privée doit être approuvée par les Etats membres et par les députés européens mais les Etats-Unis espèrent édulcorer cette proposition de loi au cours des négociations qui vont s’ouvrir.