Le Premier ministre Mariano Rajoy doit aller devant le Parlement et s’expliquer sur les accusations selon lesquelles il aurait reçu, de 2006 à 2010, des primes irrégulières tirées de la double comptabilité de Parti populaire (PP, conservateur). Après avoir remis au juge de nouveaux documents issus des notes de l’ancien trésorier du parti, Luis Bárcenas, El Mundo considère que

jusqu’ici, Rajoy a choisi la stratégie qui consiste à gagner du temps et attendre que la tempête se calme, mais cela n'est désormais plus possible. [Il] doit donner une explication convaincante de sa relation avec Bárcenas et de la situation de son ex-trésorier. Pour cette raison, il serait très grave que le PP choisisse de bloquer cette intervention devant les députés, qui est absolument nécessaire en raison d'une élémentaire hygiène démocratique.

Le Parti populaire nie encore ces accusations et Mariano Rajoy garde le silence : l'éditorialiste Victoria Prego résume les attentes des citoyens en deux mots : "explications" et "preuves".

Heureusement, nous sommes déja entrés dans le domaine de la Justice, où ce qui est valable, ce sont les preuves, pas les opinions. [Si Bárcenas] dispose de preuves, il doit les apporter immédiatement. Jusqu’à présent, nous sommes face à une tempête de soupçons dont la force politique est suffisante pour nuire à l’honorabilité de beaucoup, et surtout celle de Mariano Rajoy. [il] n’est pas exempté de son obligation de s’adresser à l’opinion publique et de donner des explications. On ne peut pas laisser un pays dans l’incertitude, ou seulement dans la colère.

De son côté, El País considère que Luis Bárcenas a opéré un "tournant stratégique" depuis son incarcération et fait du "chantage à l'Etat" :

Désormais, il reste la parole de Bárcenas contre celle du Premier ministre, qui a personnellement nié, le 2 février, avoir reçu ou distribué de l’argent au noir. La question se pose de la légalité du financement du PP et d’une possible violation de la loi [qui interdit aux ministres de toucher un autre salaire] par des membres du gouvernement Aznar si en effet, ils ont touché des primes irrégulières alors qu'ils étaient ministres.