"Cinq ans après le début de la crise financière, les banques européennes restent ‘too big to fail’ [trop grosses pour faire faillite]", écrit le Financial Times dans un article consacré à une analyse des banques du Vieux continent menée par la Royal Bank of Scotland (RBS).

La RBS estime que les plus grosses banques d’Europe devraient se délester de près de 3 200 milliards d’euros d’actifs pour se conformer aux exigences réglementaires internationales dites de Bâle 3 qui prévoient l’établissement en Suisse d’un panel d’autorités de supervision bancaire chargé d’éviter que de nouveaux plans de sauvetage financier soit alimenté par les contribuables des Etats défaillants.

Selon cette analyse, les plus gros établissements bancaires de la zone euro "devront tailler quelques 661 milliards d’euros dans leurs actifs et générer 47 milliards de capital frais pendant les cinq prochaines années". Le quotidien des affaires note cependant que

cette charge est plus lourde pour les banques plus modestes qui devront retirer 2 600 milliards d’euros de leur bilan, soulevant la crainte que la possibilité d’emprunt aux petites et moyennes entreprises régionales s'en trouve considérablement réduite.

Le FT interroge un analyste financier qui estime que "les banques n’ont pas encore assez de capital" pour soulager la dette extravagante qu’elles détiennent, même si les données de la Banque centrale européenne (BCE) montrent qu’elles l’ont déjà réduite de 2 900 milliards d’euros depuis mai 2012.

Dans ce contexte, Le Monde estime que "l’année qui vient sera cruciale pour le secteur bancaire" :

La BCE va se voir confier, à l'automne 2014, l'autorité de supervision des 200 plus grandes banques européennes. Elle devra auparavant procéder à une revue détaillée des bilans de chaque établissement. Une opportunité de faire le ménage dans le secteur. Mais c'est une arme à un coup. "Si la BCE n'arrive pas à détecter les risques, cela déteindra sur sa crédibilité en tant qu'autorité de politique monétaire", met en garde Nicolas Véron, économiste au sein du think tank bruxellois Bruegel et au Peterson Institute à Washington. Au risque de relancer de nouveau l'engrenage de la crise...