Le cours de religion a divisé la Roumanie en deux, écrit le quotidien bucarestois Adevărul. La discipline n’est plus obligatoire et les parents qui souhaitent que leurs enfants suivent des cours de religion doivent en faire la demande expresse à l’école (du primaire à la terminale), au grand dam de la Patriarchie.

Les dirigeants de l’Eglise orthodoxe ont même commencé une campagne en ligne, utilisant des vedettes locales, afin de soutenir le cours de religion, alors que les parents favorables à celle-ci ont formé un groupe Facebook dans le même but. Pour l’écrivain Vlad Zografi, il y a deux points de vue dont on doit tenir compte. D’un côté,

d’une perspective strictement laïque, une fois qu’on a accepté à travers la Constitution que nous sommes dans un Etat laïque, le débat est clos. Puisque la liberté religieuse est garantie par la même Constitution, la religion peut être enseignée dans des écoles confessionnelles, mais elle n’a rien à faire dans l’enseignement public.

En même temps, ajoute-t-il,

la plus grande partie de ce que l’on appelle culture est marquée par la religion et pour nous, les Européens, sous le signe de la chrétienté. La culture nous donne notre articulation intérieure qui nous définit comme personnes. Donc, même si on est athées, agnostiques ou croyants, si on a un minimum de culture, la religion fait partie de notre composition. Evidemment, à l’école on doit enseigner des éléments de religion. Sinon, la chapelle Sixtine serait vue comme une somme de taches de couleur.

Le débat existe aussi en Espagne, où les élèves doivent choisir entre le cours de valeurs sociales et civiques et celui de religion catholique. Si en Roumanie, moins de la moitié des élèves (toutes classes confondues), à savoir 1,4 millions sur 3 millions, se sont inscrits pour suivre les cours de religion, en Espagne, deux élèves sur trois ont fait ce choix, à savoir 3,5 millions d’étudiants. Alors qu’en Roumanie les parents hostiles à l’enseignement de la religion sont perçus par les partisans de cette dernière comme des nostalgiques du communisme, en Espagne, l’idée d’un retour à l’époque de Franco est rejetée dans La Vanguardia :

Entre ce qu’on a vécu il y a 50 ans et aujourd’hui, il y a une grande différence. Avant, le cours de religion catholique était obligatoire. En revanche, maintenant, c’est l’une des 13 matières optionnelles.