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Avec son proverbial sens du timing, le Premier ministre italien a choisi les commémorations du 70ème anniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale pour déclarer "sa" guerre à l'Europe. Déjà irrité par la demande d'explications de la part de Bruxelles sur le scandale des 75 immigrés disparus [mi-août] au large de la Sicile et son écho retentissant dans la presse italienne et étrangère, Silvio Berlusconi a explosé suite à une allusion du Premier ministre polonais Donald Tusk sur sa réputation de latin lover. "Nous ne donnerons plus notre vote, pour bloquer le fonctionnement de l'UE et rappellerons nos commissaires", a-t-il menacé, à moins que l'Union cesse de permettre à ses porte-paroles de le critiquer.

A Bruxelles, après la surprise, on s'est efforcé de minimiser ces déclarations, à l'exception de Martin Schulz, le leader de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates qui a demandé à la Commission de réagir. La Stampa rappelle que ce n'est pas la première fois que Silvio Berlusconi attaque l'Europe même s'il n'était jamais allé aussi loin. "Le président ’du Conseil] communicant n'aime pas la communication et le débat public italien plonge dans une spirale empoisonnée et absurde", commente le quotidien de Turin. De son côté, Il Giornale, propriété de la famille Berlusconi, jubile : "Les déclarations de Berlusconi à Gdansk doivent être lues à la lumière de son histoire. A chaque fois qu'il a bousculé le sens commun, il a retrouvé une nouvelle vitalité dans la désacralisation et la remise en cause des codes traditionnels."