Economie : Sarkozy fasciné par le modèle allemand

2 février 2012 – Presseurop

Candidat plus que probable à sa réelection, le président français semble décidé à proposer un projet économique calqué sur le modèle germanique. Une stratégie qui étonne la presse française.

En annonçant le 29 janvier — à l'occasion d'une intervention télévisée — son intention d'appliquer à l'économie française des mesures inspirées de la compétitivité germanique, Nicolas Sarkozy, a placé le modèle allemand au cœur de la campagne présidentielle française.

Pour Le Monde, cette référence à l’Allemagne tourne à “l’obsession” chez le président et futur candidat à sa réelection :

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Il est mal placé dans les sondages, mal aimé des Français. Alors il fait campagne à deux : Angela Merkel et lui ; la France et l'Allemagne. A deux on est tellement plus fort ! Depuis la crise financière de cet été qui a failli abattre la zone euro, Nicolas Sarkozy fait de l'Allemagne son seul argument de campagne. [...] L'Allemagne est devenue son unique référence. [...] [Mais] la France n'est pas l'Allemagne et il n'y a jamais une seule politique possible. La campagne électorale est faite pour le prouver.

Le Figaro, quiva jusqu'à se demander "si la présidentielle ne sera pas un référendum sur le modèle économique allemand", estime que Nicolas Sarkozy a "de bonnes raisons de jouer cette carte-là".

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S’il est délicat de demander aux électeurs de se serrer la ceinture en pleine crise, il est plus payant de prendre exemple sur le pays qui a indiscutablement le mieux réussi en Europe. Les Français sont prêts à le suivre sur ce terrain : jamais l’image de l’Allemagne n’a été aussi bonne dans l’opinion publique.

Dans ce contexte, une question se pose inévitablement : “L’Allemagne est-elle un modèle ?” La Croix, qui en fait sa une, s’interroge :

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Y a-t-il dans le monde un pays modèle, un système politique parfaitement mature, une orientation économique idéale qui traverserait les frontières, les cultures et les mentalités ? [...] En ces temps de crise, où les finances des Etats européens sont en danger, l’Allemagne fait figure de bon élève, apprécié des examinateurs-agences de notation, pour avoir su gérer au mieux son budget, en évitant de creuser les déficits. [...] Au point d’étonner les Allemands eux-mêmes, pas tous convaincus de leur excellence. La réussite germanique est donc à analyser dans les détails, et, une fois ce bilan fait, il faut se demander si elle est transposable ailleurs.

Sur ce point, Libération,est plutôt sceptique :

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Personne évidemment ne remet en cause l’entente franco-allemande, un “trésor” à préserver qui a toujours été un moteur indispensable de la construction européenne. Et sans doute la France doit-elle s’inspirer de son voisin. Le chef de l’Etat a juste oublié de préciser que la dérégulation du marché du travail outre-Rhin a entraîné un développement de la précarité et du nombre de travailleurs pauvres dans des proportions considérables. Et que cette course à la compétitivité met aujourd’hui à mal la cohésion de la société allemande.

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