La presse européenne attribue le recul de l’économie aux politiques d’austérité appliquées dans la plupart des pays. Certains en appellent à un changement de cap.

“La zone euro est devenue une zone de récession”, note La Tribune, qui se demande à la Une si “l’Europe est malade de son austérite”. Pour le quotidien, les chiffres tombés le 14 février s’apparentent au “massacre de la Saint-Valentin” :

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Le recul de 0,6 % sur un trimestre de la richesse de la zone euro est la troisième plus forte dégringolade enregistrée depuis 1995, autrement dit, depuis qu'Eurostat a commencé à réaliser des statistiques sur l’Union économique et monétaire.

Au Portugal, Diário Económico souligne à la Une que “le Portugal plonge dans sa pire récession depuis 1975”, avec une contraction du PIB de 3,2%. Selon les experts consultés par le quotidien, le recul en 2013 devrait dépasser les 1% attendus. Le journal ajoute que

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les signaux d'alarme dans de nombreux pays vont obliger les dirigeants européens à agir et à alléger les fardeaux qui pèsent sur le Portugal, l'Irlande et la Grèce. Au Portugal, les hommes politiques vont aussi devoir accélérer la reprise économique.

Aux Pays-Bas, NRC Handelsblad annonce que l’”économie tombe en récession pour la troisième fois” depuis le début de la crise de la dette en 2008. Cette nouvelle remet en question la politique d’austérité du Premier ministre Mark Rutte, estime le journal. Celui-ci attribue la baisse de l’activité économique à la chute des investissements publics et dessine une alternative :

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Il faut amener Bruxelles à adopter une attitude budgétaire plus flexible, maintenant que l’économie dans toute la zone euro laisse à désirer.

En Espagne, La Vanguardia titre : “La récession s’aggrave dans la zone euro et boucle l’année avec une chute de 0,6%”. Le journal craint que la situation ne crée des problèmes de confiance vis-à-vis de la dette des Etats les plus fragiles, comme l’Espagne et estime que

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la stratégie d’austérité guidée par la chancelière Merkel ne tient plus, et, tôt ou tard, elle devra changer de cap. [...] L'Europe a besoin, comme de l'air qu'elle respire, d'une politique économique qui mise sur la croissance.

Les déboires de la zone euro ont des répercussions sur les pays qui n’en font pas partie. Ainsi, en République tchèque, Hospodářské noviny titre sur “la récession la plus longue de son histoire”. Le PIB a baissé de 1,1% sur l’ensemble de l’année passée, note le quotidien. “Parmi les principales causes du ralentissement de l'économie”, explique le journal, il y a “la baisse de la consommation des foyers : plus de 3% par rapport à 2011”. Parmi les conséquences de cette situation économique, on constate

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la disparition des liens économiques traditionnels avec le voisin allemand. La théorie, “quand l'Allemagne va bien, la Tchéquie va mieux” n'est actuellement plus valable […]. Les deux économies partent dans des directions différentes. Tandis que celle de l'Allemagne a augmenté de 0, 7%, la tchèque a baissé de 1, 1%.

“La fin du conte de fées, l’économie est en chute libre”, titre pour sa part Népszava à Budapest. Il fait allusion aux propos du ministre de l’Economie, György Matolcsy, en 2012 : “Le conte de fées hongrois ou l’exemple hongrois sera un succès dans un an”. En fait, l'économie hongroise s'est contractée 1,7% sur l'ensemble de 2012, tandis qu'en 2011, la Hongrie affichait encore une croissance de 1,6% et de 1,3 % l’année précédente. Le quotidien note que

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la récession de l'économie en Hongrie est la quatrième plus marquée en Europe après la Grèce, le Portugal et Chypre.

“Les effets de la politique d’austérité imposée à toute l’Europe se révèlent sans surprise”, conclut Mediapart. Pourtant, ajoute le site français,

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oser parler de la question de la surévaluation de la monnaie européenne, qui annihile tous les efforts des pays européens pour redresser leur économie, relève du tabou, comme cela devrait se vérifier à nouveau lors du sommet du G20, prévu cette fin de semaine à Moscou. Pour la Commission européenne, alignée sur la position de Berlin, il convient juste d’avoir de la patience afin de percevoir les effets bénéfiques de l’austérité.