“Les intérêts en Europe tentent vers zéro”, titre Die Presse, qui rappelle que 0,25% est “le taux le plus bas depuis l’instauration de l’euro”. Le quotidien viennois explique qu’avec cette mesure, la BCE veut combattre le risque de déflation — une baisse de l’indice des prix pouvant entraînant une baisse de la consommation — l’inflation étant déjà à son niveau le plus bas (0,7%) depuis 2009. Parallèlement à cette évolution, la Commission européenne s’attend à une hausse de prix de 1,5 % en 2013 et 2014 dans la zone euro. Pour le journal,

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De nombreux experts s’attendaient à une baisse des taux, car ainsi la BCE ne fait que se tenir à son annonce de vouloir continuer sa politique de l’argent bon marché. [Mais] le fait qu’elle ait agi si rapidement est une surprise. [...] La baisse ne laisse que peu de marge vers le bas, cependant, d’après le président de la BCE, Mario Draghi, la Banque n’a pas encore brûlé ses dernières cartouches.

Avec la baisse du taux de référence, “la BCE promet de mettre à disposition de l’argent bon marché pour les marchés financiers [...] mais les effets positifs de cette mesure font débat”, explique de son coté la Süddeutsche Zeitung, qui titre à la une que “jamais l’argent n'a été aussi bon marché”. Selon le quotidien allemand, concernant les épargnants,

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cette décision qui peut paraître abstraite aura des conséquences bien directes sur leurs vies. L’argent bon marché pourrait déclencher une inflation et dévaloriser les économies des millions d’européens. Bientôt, ils ne toucheront plus d’intérêts pour des dépôts à termes classiques et sur leurs comptes-épargne.

“La BCE baisse les taux par surprise”, titre à Milan Il Sole 24 Ore, pour qui le geste de Francfort est porteur de deux messages, un à l’adresse des marchés, l’autre des responsables politiques :

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d’un côté, la BCE est une banque centrale indépendante, dont la politique monétaire vise toujours la stabilité, tout en étant consciente du risque de déflation et elle n’a donc pas peur de mécontenter à la fois les faucons et les colombes. De l’autre côté, la politique de la BCE continue de se heurter à l’incapacité des gouvernements nationaux et de Bruxelles de dessiner les seules politiques nationales et européennes efficaces pour la croissance : celles structurelles.

A Paris, Les Echos titrent en Une “La BCE se mobilise contre la déflation et l’euro fort”. Le quotidien économique ne tarit pas d’éloges pour le président de l’institution de Francfort, Mario Draghi, à qui ils reconnaissent “un talent certain pour déjouer les pronostics des marchés tout en les comblant d'aise”. Certes, reconnaît le journal,

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un quart de point, cela paraît bien peu : cela ne suffira évidemment pas à donner un coup de fouet à une économie européenne toujours ankylosée. C'est pourtant beaucoup. Car c'est une nouvelle démonstration de la “méthode Draghi.” Un style très différent de celui de ses prédécesseurs à la tête de la BCE, à la fois plus proactif, plus pragmatique et plus souple. Plus enclin aussi à jouer avec les limites du mandat de la banque centrale. […] La BCE n'a sans doute pas fini de surprendre. Car, contrairement à une idée reçue, elle est loin d'avoir épuisé toutes ses munitions.

“Le taux d’intérêt est encore plus bas. Quelle mouche a piqué la BCE?” se demande De Volkskrant à la Une. Le journal amstellodamois note que la décision aura des conséquences négatives pour l’avantage concurrentiel des pays d’Europe du Nord. Ainsi, pour la première fois, explique le journal,

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la décision sur le taux d’intérêt n’a pas été unanime. Sur les 23 membres de la BCE, quelques-uns ont voté contre. Il est quasiment sûr que l’opposition était issue du Nord de l’Europe et que le président de la Bundesbank Jens Weidmann faisait partie de ceux qui ont voté contre.