Le résultat du vote était attendu dans toutes les capitales européennes. Le 6 mai, par 79 voix contre 54, le Sénat tchèque a ratifié le traité de Lisbonne. Dernière victoire du Premier ministre sortant Mirek Topolánek, un mois après sa chute orchestrée par le président Václav Klaus en plein présidence de l'UE. La République tchèque était avec l'Irlande le dernier pays à ne pas encore avoir ratifié ce texte qui doit réformer le fonctionnement de l'Union.

Mirek Topolánek a réussi à convaincre une majorité de sénateurs de préserver l'image de leur pays, à l'issue de ce que Respekt avait qualifié de "bataille tchèque pour Lisbonne". Car le Parlement était divisé en deux camps irréconciliables, expliquait l'hebdomadaire à la veille du scrutin. "D'un côté, le gouvernement démissionnaire de Mirek Topolánek et de son 'monsieur Europe' Alexandr Vondra (ODS, le parti libéral au pouvoir), le ministre Vert des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, ainsi que d' autres partis à l'exclusion des communistes. Ils affirment que si le Sénat ne ratifie pas le traité, se sera, pour reprendre l'expression de Mirek Topolánek, un 'désastre total' et 'un retour à l'avant 1989'. La République tchèque serait répoussée à la périphérie de l'Europe, là ou commence l'influence de la Russie."

"De l'autre coté du champ de bataille, poursuivait Respekt, se trouve une fraction de l'ODS, avec le président Václav Klaus à sa tête, pour lequel la catastrophe totale serait au contraire que la République tchèque ratifie le texte." Leur argument, selon le journal : "Nous ne devons pas avoir peur de la Russie, car nous sommes protégé par l'OTAN, ni d'être isolés. Nous risquons bien pire – devenir des marionnettes aux mains des grands pays européens, qui nous obligeront à payer des impôts élevés et imposeront le nombre d'immigrés que nous devons accepter."

"Je dois faire part de ma déception de voir certains sénateurs abandonner leurs opinions d'avant sous une pression politique et médiatique sans précédent, tant nationale qu'étrangère", a déclaré Václav Klaus après le vote des sénateurs. Mais pour la presse pragoise, ce dernier a perdu une bataille, mais n'a pas encore perdu la guerre. Le quotidien économique Hospodářské Noviny rapporte ainsi que le chef de l'Etat, qui doit apposer sa signature pour que la ratification soit définitive, "attend de voir si un groupe de sénateurs va demander à la Cour constitutionnelle d'évaluer à nouveau si le traité de Lisbonne ne va pas à l'encontre de notre constitution". De leur côté, les Verts ont lancé une pétition pour l'inviter à signer le texte. "Nous pensons que le Président ne devrait pas arrêter le processus", explique leur porte-parole porte-parole George Green Kubalík dans le journal en ligne tyden.cz.