Même si l’Union européenne bat de l’aile, son action en matière économique n’en reste pas moins primordiale. Les institutions européennes nous ont protégés des pires assauts de la crise, ce qui n’est pas rien lorsqu'on observe ses effets dans d’autres pays européens non-membres de l’Union et dans les Etats qui ne font pas partie de l’union monétaire.

Le plan dont nous avons besoin aujourd’hui est celui qui sauvera l’UE des gouvernements qui cherchent à la démanteler. Ces derniers mois, la Commission européenne a été trop souvent négligée par des gouvernements qui annonçaient directement à la presse d’importantes mesures d’aide publique (pourtant interdites par les traités, afin de ne pas nuire à la concurrence) sans passer par Bruxelles ou qui élevaient le déficit public bien au-delà des plafonds permis, sans jamais discuter avec la Commission du contenu et des modalités de ces mesures. Et lorsque celle-ci a tenté d’intervenir dans les plans de relance nationaux, les Etats-membres l’ont repoussée sans ménagement.

La crise une fois endiguée, l’Europe s’est montrée incapable de passer à l’offensive. C’est pourquoi il est désormais indispensable de lancer un débat en profondeur afin d’imaginer des instruments de gouvernance économique plus aptes à assurer la prospérité et le bien-être de tous les citoyens de l’Union européenne.

Nous pouvons jeter la pierre à la Commission européenne pour ne pas nous avoir menés vers la sortie de la crise, mais ce serait injuste. Bien sûr, la Commission Barroso s’est montrée trop servile envers les gouvernements. Mais le phénomène est en réalité bien plus profond. Beaucoup refusent d’admettre une vérité qui dérange : à Berlin, Paris, Rome, à Londres, bien sûr, et même parfois à Madrid ainsi que dans beaucoup d’autres capitales européennes, la Commission est davantage perçue comme un obstacle, une barrière aux intérêts nationaux que comme une aide pour les atteindre.

Il y a quelque chose de détruit dans la psychologie communautaire et nous devons en parler : à l’heure actuelle, rares sont ceux qui font confiance à la Commission pour défendre leurs intérêts. Pour les Etats les plus influents, la Commission est à présent un acteur qu’il faut faire plier. Pour les plus petits, il s’agit d’une autorité à contourner, tromper ou simplement ignorer. Le véritable plan de sauvetage dont nous avons besoin est donc sans aucun doute celui qui préservera l’Europe de l'impact des politiques unilatérales de ces gouvernements.