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"Le jour du jugement dernier pour l'Egypte", titre The Independent, à la veille d'un week-end qui s'annonce décisif pour le régime chancelant d'Hosni Moubarak. Tandis que des dizaines de milliers de manifestants étaient attendus dans les rues après la prière du vendredi, le correspondant du quotidien au Moyen-Orient Robert Fisk note que "les Américains et l'UE suggèrent au régime d'écouter le peuple. Mais qui sont ces gens, et qui sont leurs leaders ? Ce n'est pas une révolte islamique — même si elle peut le devenir — mais juste une masse d'Egyptiens exacerbés par des décennies d'échecs et d'humiliations". Comme pour la Tunisie, l'Europe réagit à son rhytme : EUobserver raconte que le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini a invité l'UE à envoyer "une équipe de soutien de haut profil" afin de "calmer les tensions" en Egypte et dans les autres pays où ont lieu des soulèvements populaires. Frattini doit détailler son plan pour une mission européenne qui prendra contact avec "les autorités, la société civile, les maires, les partis d'opposition, afin de recueilir des informations, pas pour donner des instructions", à l'occasion de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, le 31 janvier. Frattini estime selon EUobserver que la volatilité de la situation en Egypte ne peut pas "être affrontée avec des initiatives sporadiques de tel ou tel pays européen, mais avec une initiative européenne". Certes, mais le 31 janvier, il pourrait déjà être trop tard.