Interviu Alina Mungiu-Pippidi despre corupție

“Criza si corupția au făcut opinia publică mai puțin tolerantă”

Panama papers d’un côté ; des scandales de corruption en Espagne, au Brésil, en Afrique du Sud, en Roumanie et dans presque tous les autres pays de l'autre : tout porte à croire que le monde est de plus en plus corrompu. Mais l’opinion publique est en train de prendre conscience des enjeuPanama papers, pe de o parte, scandaluri de corupție internă în Spania, Brazilia, Africa de Sud, România și aproape peste tot în lume. Devine lumea mai coruptă? Pentru a răspunde, am întrebat-o pe Alina Mungiu-Pippidi, expert academic în domeniu.

Publicat pe 20 aprilie 2016 la 08:21

Alina Mungiu-Pippidi, expertă internațională a integrității publice și a corupției, cea care a editat pentru Președinția Olandeză a Uniunii Europene un raport special despre integritate și încredere în Uniunea Europeană, co-autoare a unei cărți apărute recent la Cambridge University Press despre corupție.răspunde întrebărilor noastre asupra tendințelor actuale privind percepția corupției în Europa și în restul lumii, ca și asupra repercursiunilor afacerii Panama papers, o dezvăluire a 11,5 milioane de documente confidențiale privind mai mult de 214 000 de societăți offshore înregistrate de furnizorul de servicii Mossack Fonseca.

Toată lumea vorbește mai nou despre corupție. Deci corupția progresează?
Transparența e în creștere, ceea ce reflectă o corupție preexistență. De asemenea, toleranța din partea publicului a scăzut din cauza crizei și a austerității. Mulți oameni au crezut că era în regulă ca politicienii să-și ia o parte din prosperitatea publică atunci când bunăstarea publică era în creștere. Acum nu mai este cazul, votanții din clasa de mijloc nu mai tolerează corupția și din moment ce numărul țărilor în curs de dezvoltare este mai numeros ca niciodată, vedem că nu doar în bogata Islanda, ci și în Brazilia și India, cererea pentru o bună guvernare este în creștere.

Sunt „Panama papers” despre corupție în cele din urmă ?
Da, sunt. Corupția nu este în mod obligatoriu ilegală. După cum argumentam în raportul nostru pentru președinția olandeză a Uniunii Europene, percepția europenilor despre cât de bine luptă guvernanții lor împotriva corupției, este, după a doua importantă cauză a pierderii încrederii în Uniunea Europeană, după creșterea economică. Două treimi dintre europeni sunt preocupați de corupție conform statisticilor Eurobarometrului, aproape la fel de mulți ca la nivel global, conform Barometrul Global al Corupției. Din moment ce, mai puțin de 10% din europeni susțin că le-a fost cerută mită (aici incluzând și mita pentru medicii slab plătiți din Europa de Est, ce de fapt ar trebui să fie considerată ca o formă directă de plată) rezultă că oamenii nu limitează corupția doar la mită, ci includ aici și privilegiile nejustificate pentru funcționarii e, de fapt, despre tratamentul inegal, oamenii obișnuiți își plătesc taxele, în timp ce liderii își maximizează profiturile lor. Acesta de fapt a omis să spună Thomas Picketty în lucrarea sa despre inegalitate, unde nu folosește deloc cuvântul corupție, acest capital de putere tradus în bani și active în ultimele decenii.

A quoi le reconnaît-on ?
Il suffit de regarder la liste de Forbes des hommes d’affaires les plus fortunés par pays et de calculer combien d’entre eux se sont enrichis grâce à des contacts privilégiés avec les autorités – marchés publics, allègements fiscaux ou tout autre avantage. Dans un contexte capitaliste sain, il y a très peu de gens en haut de la pyramide (des détaillants par exemple), alors que dans de nombreux pays en développement les cinquante personnes les plus riches ne sont que des oligarques bénéficiant des faveurs du régime. On dirait un who’s who du capitalisme de copinage. Dans les pays développés, il y a également des rentiers mais le jeu de la concurrence est plus équitable. Néanmoins, les scandales qui ont éclaboussé Siemens et Volkswagen et des figures politiques de premier plan en France, au Royaume-Uni et en Espagne au cours des dernières années nous ont ouvert les yeux. La corruption fait partie de la nature humaine, seuls quelques pays développés sont parvenus à mettre en place un système plus solide car leurs sociétés civiles sont plus fortes et davantage en mesure de contrôler les élites politiques.

Cela a-t-il un sens de faire la distinction entre les pays plus et moins développés à l’heure de la mondialisation, alors qu’il semblerait que celle-ci commence par la corruption ?
Hélas, oui, car – bien qu’il soit vrai que la corruption se développe facilement dans les Etats où il n’y a pas de juridiction – l’inverse ne l’est pas : la diffusion de la bonne gouvernance est vouée à l’échec, aucun succès n’est à répertorier en la matière. Les quelques pays qui ont progressé à ce niveau-là au cours des trente dernière années – à peine une dizaine – l’ont fait en raison d’une évolution interne et non d’une transposition de normes extérieures. Les contraintes sociétales nationales représentent donc toujours l’obstacle principal à la corruption. C’est la raison pour laquelle le premier ministre islandais a dû démissionner, alors que M. Zuma et Mme Rouseff se maintiennent au pouvoir malgré des preuves bien plus flagrantes. J’espère que nous en arriverons à un tournant dans ces pays prochainement, mais une mobilisation peut s’avérer nécessaire et ceci peut prendre du temps.

Cela veut dire que la communauté internationale en général et l’UE en particulier ne peuvent pas faire grand-chose ?
Elles peuvent faire évoluer les choses mais elles devraient être des facilitateurs plutôt que des acteurs de premier rang. Premièrement, elles pourraient mieux contrôler les dépenses des fonds d’aide qu’elles accordent et en faire un modèle de transparence et d’efficacité – la Grèce et la Sicile constituent des contre-performances notoires d’investissement à long terme de l’UE qui enrichissent la mafia et non les communautés locales, comme le précise M. Varoufakis non sans raison. Deuxièmement, les pays développés devraient étendre leur juridiction à leurs propres entreprises qui investissent à l’étranger et sanctionner ceux qui se servent des banques occidentales pour verser des pots-de-vin, comme on l’a vu dans l’affaire de la FIFA – et ils commencent à le faire d’ailleurs.

Troisièmement, la numérisation et la transparence des données dans les pays développés et à l’étranger – des fonds d’aide aux appels d’offres – va créer l’exemple et rendre la corruption plus difficile. L’Allemagne se trouve à des années lumières de l’Estonie en matière de transparence des marchés publics. Le détail des aides accordées par l’USAID n’est pas publié, même pour celles concernant la bonne gouvernance. Les fonds européens restent aussi plutôt opaques dans certains pays comme la Grèce et la Roumanie. Mais nous devons enfin comprendre que, à moins que des coalitions pour le changement ne mettent en place un système de défense au niveau national, alors qu’on essaie de récupérer les fonds détournés par des chefs d’Etat déchus, d’autres individus ou partis politiques prendront la relève et voleront dix fois plus. Nous devons modifier les règles du jeu des finances publiques, en toute transparence, pour avoir les rentiers à l’œil. En dehors des destinations offshore que nous devons mettre sur une liste noire, la plupart des pays ont des “Iles Vierges” sur leurs territoires et appliquent des règles différentes à différents individus et entreprises. Ce n’est que la population locale qui peut les démanteler, même si nous pouvons collecter des données pour lui suggérer la meilleure stratégie à suivre.

Je vois des exemples de bonnes pratiques sur le site Internet que vous lancez au cours de la semaine de l’intégrité de l’OCDE à Paris (19-21 avril). Pourquoi devrait-on le consulter ?

Nous y offrons un outil très pratique se basant sur nos efforts de recherche : un index testé statistiquement et parfaitement objectif mesurant la capacité de contrôler la corruption dans un pays, le cadre institutionnel de l’intégrité publique pour être plus précis. Il se décline en six volets, de l’autonomisation numérique des citoyens (e-citizens) à la mainmise de l’administration, sous la forme des démarches plus ou moins lourdes. Tout un chacun peut voir où se place son pays à l’échelle mondiale, par rapport aux autres, dans toutes les dimensions. Aussi bien les dirigeants que la société civile peuvent prendre ce rapport comme point de départ s’ils veulent vraiment faire avancer les choses.

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