Après la défaite cuisante de la coalition de gauche Syriza aux élections européennes et aux élections locales qui se sont déroulées le même jour en Grèce, et le triomphe du parti libéral-conservateur Nouvelle Démocratie, une élection nationale surprise devait avoir lieu le 7 juillet. Les raisons de négliger en fin de compte les questions clés de la politique européenne sont diverses et parfois carrément alarmantes et pas toujours claires.

Il y a eu au moins trois éléments de distraction qui ont fait que les gens ont cessé de penser aux élections européennes en tant que telles pendant un certain temps pour se concentrer plutôt sur ce qui caractérisait spécifiquement la situation grecque le 26 mai, jour d'élections.

Le thriller Diem25

DiEM25 pourrait tout aussi bien s'appeler le Front Européen de Désobéissance Réaliste mais est en fait connu sous le nom de Mouvement pour la Démocratie en Europe 2025. Les prévisions pour le nouveau parti politique paneuropéen oscillaient entre 2,99 et 3,0 % d'intentions de vote. Mais en fin de compte, il n'a pas réussi à remporter les 3 % dont un parti politique grec a besoin pour obtenir un siège au Parlement européen.

Ainsi, Yanis Varoufakis, l'ancien ministre de l'Economie qui a dominé la première année du règne de Syriza en Grèce (2015), s'en est rapproché mais pas suffisemment pour obtenir un siège en mai dernier. Ou plutôt son mouvement, Varoufakis lui-même s'étant présenté aux élections sans succès à Berlin et non à Athènes. Toute la discussion sur le résultat final de DIEM25 s'est donc avérée une double distraction par rapport à l'importance réelle des élections européennes en Grèce.

Le nom du général

Un autre nouveau parti politique qui s'est présenté en mai est connu sous le nom de "Solution grecque". Tout sauf paneuropéen, il a été dirigé avec succès par Kyriakos Velopoulos, journaliste et auteur du livre en trois volumes (presque culte) Greece Bleeds ("La Grèce saigne", non traduit), sans parler d'un ancien député du parti d'extrême droite LAOS et ancien membre de Nouvelle Démocratie. Le parti de droite a remporté un score non négligeable de 4,18 %, ce qui lui a permis d'obtenir un siège au sein du prestigieux Parlement européen.

Cependant, il semble que de nombreux électeurs aient confondu le nom de Fragkos Fragkoulis – un ancien général bien connu, ancien chef d'Etat major et ancien ministre de la Défense nationale – avec le dentiste Emmanouil Fragkoulis, 25 ans. Il aurait utilisé son surnom (qui est apparemment "Fragkos") sur le bulletin de vote, où il était donc inscrit comme "Fragkos Fragkoulis". Les premières estimations non officielles indiquaient que le célèbre dentiste de 25 ans aurait pu obtenir jusqu'à 11 000 voix, simplement en raison de la reconnaissance qu'exigeait son prétendu surnom.

Le général lui-même semblait furieux que l'on ait tenté d'utiliser son nom pour que les électeurs grecs puissent, à juste titre, avoir la fausse impression qu'il se présentait pour devenir député européen. Toutefois, le général n'a pas émis d'injonction avant les élections et n'a pas intenté d'action par la suite. Le débat public s'est donc éloigné de l'objectif véritable des élections européennes pour s'orienter vers un cas singulier d'étiquetage trompeur.

La démission de Semina Digeni

En dépit de l'hypothèse commune et justifiée selon laquelle un siège au Parlement européen est plus prestigieux, plus luxueux et certainement mieux payé qu'un siège au Parlement grec, l'éminente journaliste et écrivain Semina Digeni a pris la décision sans précédent – peu après avoir été élue députée au nom du parti communiste grec – de présenter sa démission pour se présenter comme candidate du même parti aux élections nationales le 7 juillet.

La décision inattendue de Digeni a constitué le troisième et dernier clou dans le cercueil des élections européennes en Grèce. Il est également apparu clairement que, pour de nombreuses bonnes raisons, l'élection nationale s'est avérée beaucoup plus importante que le récent vote européen.

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