"Le temps du changement",titre Hospodářské noviny le 28 mai, premier jour des élections législatives. "La victoire du leader des sociaux-démocrates (ČSSD) Jiří Paroubek est assurée, mais ce qui se passera après n’est pas du tout certain", écrit le journal économique pragois, qui élabore ainsi quatre scénarios possibles pour l’avenir – et les unes qui iraient avec -, en ordre de probabilité.

Premier scénario : "La victoire de la droite". Même si Paroubek arrive en tête du scrutin, les conservateurs (ODS) de Petr Nečas formeront une coalition de droite, avec les nouveaux petits partis politiques TOP 09, VV et les chrétiens démocrates, qui aura la majorité des sièges et dont le programme prévoit notamment "des coupes budgétaires". Scénario numéro deux : "Une coalition menée par Paroubek" et comprenant les petits partis de droite susmentionnés. Une coalition "difficile", en raison des "grandes différences entre leurs programmes". Socialiste, voire populiste, pour le ČSSD et néolibéral pour TOP09 et VV.

"L'Europe regarde les élections avec appréhension"

Scénario numéro trois : "Paroubek et les communistes", qui vont devoir affronter "la résistance du président" conservateur Václav Klaus, hostile à un gouvernement soutenu par les communistes. Une telle hypothèse, rappelle le quotidien, représenterait par ailleurs "davantage de dettes". Dernier scénario : "La grande coalition entre le ČSSD et l’ODS". Il est très peu probable, car les deux principaux partis ne s’entendent pas sur la majorité des sujets. Un telle coalition soutiendrait forcément un gouvernement "de grand compromis".

Quelle que soit la formule gagnante, note Hospodářské noviny, le nouveau gouvernement devra se confronter à la crise économique et à ses conséquences. "Tout ce qui est valable pour la Grèce surendettée, la Grande Bretagne touchée par la crise ou l’Espagne foudroyée par la bulle immobilière, se reflète aussi en République tchèque, même si sa dette publique n’est que la quatrième plus faible en Europe". Le journal pragois remarque par ailleurs que "l’Europe regarde les élections avec *appréhension**"* en République tchèque, car elle craint le blocage politique qui avait suivi le vote il y a quatre ans.

Enfin,observe Hospodářské noviny, ces mois-ci, "il ne se passe quasiment pas un jour sans que des élections ne se déroulent dans un des pays de l’Union européenne", sur fond de crise économique. Le 9 juin, on vote aux Pays-Bas, où le candidat populiste et anti-islam Geert Wilders voit sa popularité baisser ; le 12, c'est le tour de la Slovaquie, empêtrée dans son conflit nationaliste avec la Hongrie au sujet de la concession du passeport hongrois aux Magyars slovaques, et le 13 juin, on vote dans "une Belgique bouleversée" par la difficile cohabitation entre Flamands et francophones, et où les nationalistes flamands devraient tirer profit du conflit.