"Plusieurs pays de l'UE veulent imposer la taxe sur les transactions financières", titre la Süddeutsche Zeitung. Le quotidien de Munich rapporte que les ministres des Finances de neuf pays — l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Autriche, la Belgique, la Finlande, le Portugal, la Grèce et l'Italie — ont demandé dans une lettre commune à la présidence danoise de l'UE de "surmonter tous les obstacles” à la mise en place de cette taxe Tobin d’ici juillet 2012. Selon les ministres, cette mesure serait en effet "un instrument crucial pour garantir une contribution juste du secteur financier aux coûts de la crise financière."

L'initiative n'est pas inédite. La Commission européenne avait déjà proposéune taxe sur les échanges d’actions, de produits dérivés et d’autres produits financiers en septembre dernier, proposition refusée illico par le Royaume-Uni et la Suède. Cette fois-ci, les ministres affirment vouloir chercher "des alternatives" si une solution n’est pas ébauchée d’ici la moitié de l’année. Une remarque-clé d'une lettre qui "se lit entre les lignes", estime la SZ :

Le chiffre neuf envoie un message très clair : nous pouvons le faire tout seul. [D'après les traités européens] les Etats peuvent avancer seuls dans une coopération renforcée s'ils parviennent à se regrouper à neuf au minimum. C'est pourquoi la courte lettre se lit presque comme une menace musclée vis-à-vis des collègues qui hésiteraient. Car tous ceux qui sont concernés le savent désormais: la taxe sera très probablement introduite.

Le quotidien note enfin que la lettre n’est pas sans effets internes pour les pays signataires, notamment la France et l’Allemagne, puisqu’elle devrait permettre à Nicolas Sarkozy de briguer quelques voix supplémentaires lors de la présidentielle d’avril-mai et à Angela Merkel de donner des gages à l’opposition, qui avait fait de la taxe Tobin une condition pour son "oui" au pacte fiscal.