Alors que les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice s'apprêtent à discuter d’une réglementation européenne en matière de protection des données les 18 et 19 juillet prochains à Vilnius, l’Irlande entend se positionner comme une plaque tournante pour les multinationales américaines, rapporte The Financial Times.

Le 15 juillet, Dublin a annoncé qu'il envisage d’adopter une approche réglementaire de type “guichet unique” pour les entreprises transnationales. “Il est préférable qu’un régulateur particulier devienne très familier avec les activités d’une société particulière, qu’il connaisse en long et en large ses politiques de protection des données, et qu’ils s’assure que celles-ci sont en conformité avec la loi”, explique Billy Hawkes, le commissaire irlandais en charge de la protection des données. Le FT note que, par cette approche, l’Irlande est devenue attractive aux yeux des sociétés américaines :

Facebook et LinkedIn ont tous deux enregistré leur siège international en Irlande et conclu des accords juridiques avec des utilisateurs en dehors de l’Amérique du Nord, qui assurent que ces derniers relèvent de la loi irlandaise de protection des données plutôt que des 28 régimes nationaux de l’UE.

Néanmoins, tous les Etats membres ne sont pas enthousiastes au sujet de la proposition irlandaise. Le 14 juillet, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que les sociétés devaient être sujettes aux même règles dans tous les pays, et non simplement obéir à la législation du pays dans lequel elles sont enregistrées.

En Allemagne, note România liberă, le sujet de la protection des données est sensible car il s’est invité dans la campagne des législatives, “l’opposition accusant Merkel d’avoir été au courant de l’espionnage des citoyens allemands”.

Lors d’une interview télévisée le 14 juillet, la chancelière s’est défendue en faisant valoir que le problème est européen, explique le quotidien roumain :

Angela Merkel a avancé l’idée de la création d’une réglementation européenne en vue d’une meilleure protection des données privées des européens sur Internet. [Elle] souhaiterait que les sociétés d’Internet ‘soient obligées de dire aux pays européens à qui elles transmettent les données’ de leurs utilisateurs.

Ainsi, pour România liberă, la chancelière allemande “a défendu implicitement les autorités américaines, [...] en jugeant ‘vitale’ l’activité des services secrets dans des Etats démocratiques”.

La position allemande a été appuyée dès le lendemain par le Commissaire européen à la Justice, Viviane Reding, ajoute Jurnalul Naţional.