Le Qatar, sauveur controversé des banlieues

Publié le 24 septembre 2012 à 11:50

Cover

Pour Libération, il s’agit d’une “OPA sur la banlieue”. Après un an d’hésitations, le gouvernement français vient d’accepter la constitution d’un fonds qatari doté d’environ 100 millions d’euros, pour financer le développement des quartiers “sensibles”, c’est-à-dire les banlieues des grandes villes françaises.

Il ne s’agit pas d’une initiative spontanée, rappelle le quotidien : « c’est l’Association nationale des élus locaux pour la diversité (Aned) qui a demandé à l’émirat d’investir dans les banlieues […] puisque la France ne s’occupe pas de ses quartiers populaires”. Mais le Qatar, déjà propriétaire de plusieurs hôtels de luxe et du club de football du Paris Saint-Germain, ainsi qu’actionnaire de nombreuses grandes entreprises, s’implante ainsi un peu plus dans le paysage économique et social français. Ce qui pose plusieurs questions, selon Libération :

La diplomatie du Qatar a beau jouer des circuits qui définissent le monde moderne, celui de la finance, des médias de masse, du sport, du divertissement mais aussi de l’art et du savoir, elle n’est en rien une philanthropie. Pas plus en France que dans les autres pays où l’émirat déploie ses antennes et ses investissements. Voir ainsi le Qatar débarquer dans les banlieues françaises pour s’y substituer à une République impécunieuse mérite donc d’y regarder à deux fois. Quelles sont les modalités concrètes de cette intervention et les contreparties éventuelles ? Quelles seront les prochaines étapes, dès lors que la France accepte une première fois de sous-traiter à un pays étranger une partie de ses obligations souveraines ? Persistant parfum de mystère et de raison d’Etat.

Média, entreprise ou organisation: découvrez notre offre de services éditoriaux sur-mesure et de traduction multilingue.

Soutenez le journalisme européen indépendant

La démocratie européenne a besoin de médias indépendants. Voxeurop a besoin de vous. Rejoignez notre communauté !

sur le même sujet