Reykjavik, pionnière du libre-échange avec Pékin

Publié le 16 avril 2013 à 11:40

L’Islande et la Chine ont signé un traité de libre-échange, le 15 avril, à l’occasion d’une visite officielle du Premier ministre Jóhanna Sigurðardóttir à Pékin, en compagnie d’une cinquantaine d’entrepreneurs islandais. L’île devient ainsi « le premier pays européen à conclure ce genre d’accord avec la Chine », écrit Morgunblaðið, selon lequel cela « va donner aux entreprises islandaises et aux exportations un avantage dans un marché chinois en rapide expansion ».
L’export islandais vers la Chine « se monte à 7,6 milliards de couronnes (près de 50 millions d’euros) en 2012, et il a doublé en deux ans », note le quotidien. Il est constitué à 90% de produits de la pêche.

Lors de la signature, les représentants des deux pays ont déclaré entre autres vouloir « accroitre leurs échange et leur coopération matérielle dans l’Arctique », rapporte EUobserver, selon lequel

les experts estiment que la Chine est intéressée à mettre un pied dans ce territoire et espère devenir un observateur permanent au Conseil de l’Arctique qui se réunit le mois prochain. […] La fonte de la calotte polaire ouvre la voie à de nouvelles routes commerciales qui pourraient réduire d’un tiers le temps de parcours des navires entre Shanghai et Hambourg. Le ministre des Affaires étrangères islandais a déclaré au Wall Street Journal que les deux pays discutent également de l’exploration des vastes réserves de pétrole qui gisent sous les eaux au nord-est [de l’Islande].

A Amsterdam, Trouw se demande justement si entre Reykjavik et Pékin « l’amour est vraiment réciproque » : alors que l’Islande a uniquement besoin de capitaux pour relancer son économie, les Chinois ne sont intéressés que par le gaz et le pétrole du Pôle Nord et ne voient dans l’Islande qu’un port pratique pour le jour où les routes maritimes du Pôle Nord deviendront accessibles.
Malgré cela, « l’Islande ne doit pas se sentir menacée par Pékin », explique au journal un expert du Pôle Nord, selon lequel

la présence de la Chine peut être un bon contrepoint à l’agressivité potentielle des Russes. En même temps, une petite — pour Pékin — injection financière peut faire des miracles pour l’économie islandaise.

Média, entreprise ou organisation: découvrez notre offre de services éditoriaux sur-mesure et de traduction multilingue.

Soutenez le journalisme européen indépendant

La démocratie européenne a besoin de médias indépendants. Voxeurop a besoin de vous. Rejoignez notre communauté !

sur le même sujet