VoxEurop : Le résultat des élections européennes vient confirmer les hypothèses que vous faisiez dans votre récent ouvrage (1), sur la fin d’une certaine crédibilité endurante de la social-démocratie, de l’éclatement de la “famille” social-démocrate…

Fabien Escalona : Par rapport aux élections européennes de 2014, qui avaient enregistré un léger progrès en sièges au Parlement européen, les résultats sont sans appel. Les sociaux-démocrates devraient en perdre une quarantaine si je me fie aux derniers comptages de l’institution. Son “vaisseau amiral”, le SPD allemand, est pour la première fois dépassé par les écologistes, passant nettement sous la barre des 20%. Ceci dit, des partis font preuve de résilience. C’est le cas des espagnols du PSOE, sur une ligne de retour vers la gauche, mais aussi des danois ou des néerlandais, sur des lignes beaucoup plus à droite, en termes économiques mais également culturels (au Danemark, les sociaux-démocrates devraient revenir au pouvoir dans un contexte de poussée de la gauche « rouge-verte » et de recul de la droite radicale, ce qui devrait limiter leurs audaces dans le registre identitaire) . Enfin, le recul global de la social-démocratie s’inscrit dans un phénomène plus général, celui du recul des grands partis de gouvernement auxquels elle appartient : on observe ainsi que la majorité des sièges a été perdue par les sociaux-démocrates (S&D) et la droite conservatrice et démocrate-chrétienne (PPE).

Comment interpréter cet incroyable morcellement des suffrages ?

Les élections européennes ne le sont pas tant que ça, les campagnes se font dans des cadres nationaux avec des offres nationales. Du coup, les motifs de gains ou de pertes de chaque parti sont fortement liés à des situations particulières. Le score médiocre du Labour doit être relié à la crise du Brexit ; la réussite du PSOE doit être rapportée au fait que la question catalane a fragmenté les droites espagnoles et mis en difficulté les concurrents de Podemos, etc.

Un renouveau ou un espoir pour les sociaux-démocrates pourrait-il venir du Portugal ? Eventuellement d’Espagne ?

Les deux cas illustrent que des tournant plus “sociaux”, de relâchement de l’austérité, en coopération avec des forces de gauche radicale, peuvent être récompensés dans les urnes. Auparavant, un Labour beaucoup plus à gauche avait fortement progressé. Ceci dit, le cas espagnol a des spécificités peu reproductibles : la crise provoquée par l’indépendantisme catalan a ainsi profité au PSOE, qui n’a pas versé dans la radicalisation unitariste des droites, mais n’a pas non plus souffert des mêmes ambiguïtés que la position de Podemos. Les socialistes espagnols ont donc bénéficié d’une fenêtre d’opportunité très liée au contexte national.

Quant au Portugal, le gouvernement socialiste reste fragile, il a récemment montré une volonté de respect de l’orthodoxie budgétaire qui pourrait compliquer les relations avec ses soutiens, et compromettre de futurs progrès sociaux si jamais les autorités européennes ou les marchés financiers se font plus exigeants. Globalement, toute force sociale-démocrate qui voudrait engager des politiques ambitieuses de transformation sociale et écologique va se retrouver face à des règles et des intérêts en Europe qui s’y opposeront. Et dernièrement, dans ces cas-là, les sociaux-démocrates ont toujours battu en retraite.

Quid des pays de l’Est : rien de nouveau pour la gauche ?

Ce qui est nouveau, c’est la sanction enregistrée par un parti roumain notoirement corrompu, qui réussissait pourtant à reproduire une base électorale à travers ses réseaux territoriaux, notamment dans les zones rurales, au sein de la population âgée et peu diplômée. La délégation du parti va être fortement réduite. Or, c’était un des rares partis affiliés à la social-démocratie qui surnageait dans la région. En Europe centrale, le naufrage est massif : la social-démocratie tchèque continue à plonger tout droit vers la marginalisation (moins de 4%), en Pologne elle s’est diluée dans une alliance avec les libéraux après avoir été évincée du parlement national, en Hongrie elle est descendue sous la barre des 10%. On parle pourtant de partis qui, dans leur grande époque, pouvaient rassembler un tiers des électeurs voire davantage. Remarquons que la vitesse de leur désintégration s’inscrit dans une grande fluidité des paysages politiques orientaux, qui n’est pas (encore) la norme du côté occidental du Vieux continent.

Comment peut-on expliquer la survie de certaines grandes forces politiques, comme la social-démocratie à travers le temps – au-delà de la disparition de toutes les conditions matérielles et culturelles qui avaient accompagné leur émergence ou leur apogée ?

C’est assez fascinant quand on pense que les électeurs naissent, meurent, puis sont remplacés par une nouvelle génération qui évolue dans un nouvel environnement.

L'objet de ma thèse a donc été de prendre l'exemple de la social-démocratie pour me dire que si une famille de partis survit, c'est parce que ceux-ci s'adaptent, changent, mais ce, par un type de changement partisan particulier, qui ne serait pas simplement l’adaptation d'un slogan, ni la séduction temporaire de telle ou telle carte électorale.

C’est ce que j'appelle la “reconversion” : cela correspond à une combinaison durable de mutations, à la fois sur le plan de la doctrine politique – ce que l’on va faire une fois que l’on est au pouvoir et ce que l’on va dire aux électeurs –, de la coalition des électeurs – les caractéristiques sociologiques des groupes sociaux dont on obtient la loyauté –, et de l’organisation partisane – quelles médiations institutionnelles entre les élites dirigeantes, les membres du parti et la société.

C’est précisément quelque chose qui en train de changer, mais dans les années 1980, on avait encore des paysages politiques composés de grandes forces politiques qui existaient quasiment depuis le XIXème siècle, dans leur dénomination notamment, et qui n’avaient pas disparu institutionnellement. Elles avaient donc presque un siècle d'existence.

Mais ils n'ont pas résisté à la crise de 2008...

Je crois en effet que 2008 restera comme une césure singulière, ainsi que le développe également Pierre Martin, qui a dirigé mes travaux de recherche, dans son dernier livre Crise mondiale et système partisans.

Pour les citoyens qui s'intéressent à la gauche et aux mutations de la gauche, il est intéressant de voir que la social-démocratie a été une force qui a participé à homogénéiser le paysage politique en Europe – avec bien évidemment des différences entre les pays. Elle provient de la même matrice du clivage de classe dans tous les pays, et c’est pour cela qu’on parle d’une “famille politique”, qui représentait initialement la condition des salariés subalternes. Depuis 2008, on voit surgir des conflits d’orientation dont l’intensité rappelle des grandes crises historiques de la social-démocratie, vieilles de plusieurs décennies. La social-démocratie va-t-elle rester une force d’homogénéisation ? La question est ouverte.

Il n’était pas écrit, en tout cas, que la social-démocratie perdurerait comme grande force politique. Dans les années 1970, beaucoup de livres annonçant la mort de la social-démocratie sont sortis, qui fondaient leurs arguments sur le déclin de la classe ouvrière, la fin du keynésianisme. Tout un récit s’est construit autour de cette éventuelle disparition. Avec de bonnes raisons d’ailleurs, car il y avait un vrai enjeu existentiel pour cette famille. Elle aurait pu perdre son statut de grande force d’alternance, comme cela a été le cas pour la démocratie-chrétienne, autre grande famille de partis. On a ainsi vu des familles s’affaisser ou décliner très fortement, alors que les sociaux-démocrates, jusqu’aux années 2008-2010, ont réussi à conserver ce statut de grande force d'alternance. Encore une fois, la question qui se pose maintenant est de savoir si cela va rester le cas.

La social-démocratie est complètement sortie du compromis fordiste. Mais qu’est-ce qui fait que dans quasiment tous les pays, elle n’apporte pas une véritable réponse politique originale aux conséquences de la crise de 2008 ? Et que, du coup, elle va de défaite en défaite ?

La reconversion de la social-démocratie, depuis les années 1980, c’est aussi l’histoire de cette sortie du compromis fordiste entre forces du travail et forces du capital. S’il est vrai qu’elle est restée une force d’alternance, elle a également décliné dans ses bastions historiques. Il y a donc eu un coût symbolique et électoral de cette sortie des compromis fordistes – mais un coût qui a été contenu. A travers divers artifices partagés par les autres partis de gouvernement qui ont mis en œuvre des politiques néolibérales, la social-démocratie a gagné du temps. Et en même temps, comme la sortie du compromis fordiste ne s’est pas accompagnée d’un cataclysme, elle a réussi à conserver une sorte de présomption de crédibilité au pouvoir.

Surtout, la social-démocratie a beaucoup évolué, et ce beaucoup plus que les autres partis de gauche, en particulier les partis communistes, notamment sur les questions de moeurs, d’altérité ethnique et culturelle et d’environnement. Peut-être pas au point où l’auraient voulu les militants de ces causes-là, mais elle a su prendre en charge certains de ces enjeux, et qu’ils soient présents dans la coalition d’électeurs qu’elle a réussi à ramener. Cela signifie qu’elle s’est adaptée à certaines évolutions socio-démographiques de grande ampleur – par exemple la diversification des positions de classe, l’élévation du niveau d’instruction, la féminisation de la force de travail, etc. En lançant parfois des actions très symboliques, les sociaux-démocrates se sont mieux adaptés à cette nouvelle donne.

Les sociaux-démocrates ont également utilisé un autre stratagème qui n’est pas à négliger : détourner le blâme de ce qu’on pouvait leur reprocher sur l’Union européenne. Cela a été quelque chose de commode pour se dédouaner de leurs responsabilités.

Cette social-démocratie a t-elle joué un rôle dans le fait de salir l’idéal européen ?

Elle porte en effet selon moi une responsabilité dans l’état actuel de l’intégration européenne, et ceci à deux titres. Tout d’abord, elle a accepté de jouer le jeu institutionnel au moment où celui-ci allait particulièrement à l'encontre des principes qui avaient fait son originalité, à savoir la recherche de la primauté du politique sur les mécanismes de marché : premièrement, donner la priorité à l'organisation et à la délibération sur le libre jeu des forces concurrentielles, notamment grâce à une démocratie parlementariste et syndicale ; deuxièmement, obtenir le plein emploi associé à de la justice sociale, en élargissant l'Etat social. C'est cela qui a constitué son originalité et sa force à l'époque où la social-démocratie était à son apogée.

Or, la construction européenne, depuis le saut d'intégration des années 1980, va à l'encontre de ces deux principes. L’importance du parlementarisme national se réduit et le parlementarisme européen reste le parent pauvre de l’édifice construit ; les mécanismes démocratiques sont évidemment largement insuffisants ; et d'autre part, la primauté est donnée à la concurrence et aux mécanismes de marché. Il y a, de plus, très peu d'occasions ou de possibilités de revenir en arrière, en raison d’ “effets-cliquets” et de verrous institutionnels très puissants. C’est ce qui explique tous les dilemmes de la gauche et pourquoi tout le monde patauge dans ce camp : on veut sortir de l’UE mais on ne peut pas vraiment ; on veut rester dans l’UE mais on n’arrive pas à changer les choses de l’intérieur. La social-démocratie a accompagné tous ces mouvements-là, pour les conforter dans les dernières années. Elle a donc participé à “s’impuissanter” elle-même.

Elle détient par ailleurs une autre responsabilité par rapport à l’idéal européen. On voit bien aujourd’hui que cette construction européenne totalement dysfonctionnelle finit par produire de la divergence : des divergences économiques, qui ensuite se retrouvent sur le plan politique aujourd'hui. Les intérêts des Etats membres sont fort distincts et les sociaux démocrates sont inscrits dans des Etats nations. La crise a révélé cela et l’a même renforcé, révélant toutes les fractures qui avaient été contenues tant que les marchés n’avaient pas testé les dettes souveraines, ou tant que des demandeurs d’asile n’affluaient pas sur les côtes grecques ou italiennes. Face à ces réalités, les sociaux-démocrates n’ont jamais réussi ou pris le temps de construire des réponses communes, et en même temps acceptables dans leurs espaces nationaux respectifs.

Est-ce que les relations entre les partis sociaux-démocrates européens, qui étaient encore étroites jusqu’à la fin des années 1980, le sont encore ? Est-ce qu’ils se parlent autant qu’à l’époque, en dehors de l’enceinte commune du Parlement européen ?

Le Parlement est bien la principale instance où ils se rencontrent, où ils ont encore un groupe commun et un parti qui s’appelle le PSE, mais qui ne produit plus rien. Il y a un problème de dynamisme au sein de ces partis et en plus, le problème du PSE, c’est que, dans le gouvernement de l’Europe tel qu’il existe aujourd’hui, ces euro-partis n’ont pas de poids ni de force de coercition sur les partis nationaux membres du PSE. L’arène du Parlement est un peu inutile, car ce n’est pas là que se prennent les décisions, se passent les choses, faute de leaders aussi. Après le danois Poul Nyrup Rasmussen, qui avait impulsé une dynamique au début de la crise, ça a été le tour du bulgare Sergueï Stanichev : une sorte de bureaucrate qui n’avait aucune force de proposition.

Qui incarne aujourd’hui le renouveau de la social-démocratie en Europe ?

Pour moi, il n’y a pas ou plus de direction commune dans la déliquescence actuelle. Ce qui est fascinant dans la reconversion de la fin des années 1980, c’est que globalement, les différents partis sociaux-démocrates européens ont évolué dans la même direction en dépit des différences nationales et cela, jusqu’aux années 2010. On peut continuer à parler de la famille sociale-démocrate, même si elle avait changé. La question qui se pose aujourd’hui, c’est de savoir si elle va rester une famille. Face à une nouvelle crise existentielle, semblable à celle des années 1970, il va falloir se réinventer, sous peine de stagner, de décliner, voire de s'effondrer, comme cela s'est produit en France, aux Pays-Bas, en Grèce ou en Islande.

Mais pour cela, il va falloir choisir une voie. Au vu de ce qui se passe actuellement au sein des partis sociaux-démocrates en France et ailleurs, chacun évolue de son côté et dans des directions très différentes. C’est pourquoi je pose l’hypothèse d’un éclatement de la famille sociale-démocrate. Jeremy Corbyn représente une tentative de renouveau, mais qui va puiser à la source contestataire des origines, à une forme d’antagonisme par rapport aux élites dirigeantes. Il y en a d’autres qui, au contraire, sont sur des positions plus modérées et qui se voient comme force de gouvernement “responsables”.

On a donc soit des tournants à gauche, soit une poursuite de la gestion de l’UE telle qu’elle est aujourd’hui, soit des variantes très nationales, voire nationalistes, dans lesquelles l’intérêt national et l’unité de la nation prévalent sur les autres aspects. Un concept de socialisme national qui avait eu un certain succès auprès des sociaux-démocrates dans les années 1930. Les derniers articles de mes collègues sur les sociaux-démocrates danois sont par exemple assez effrayants, car ils indiquent qu’il n’y a quasiment plus guère de barrière avec les idées de l’extrême droite.

Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup de réserves sur le fait que l’on puisse prendre des ressources ou l’inspiration à l’étranger pour des politiques qui seraient ensuite appliquées nationalement : non seulement je ne vois pas à l’heure actuelle de figure qui se distingue et qui puisse avoir une capacité d’entraînement vis-à-vis des autres mouvements de centre-gauche, mais cela était vrai même à l’époque des dirigeants comme Tony Blair ou Gerhard Schröder. Les principaux points de bascule des partis sociaux-démocrates en Europe – comme le tournant de la rigueur en France ou l’abandon par les Suédois des fonds d’investissements salariaux – sont antérieurs à ces figures et peuvent difficilement être raccrochés à des rapports étroits entre partis qui s’inspireraient les uns des autres.

Ce sont des voies nationales suivies en fonction de pressions qui sont identiques pour chacun d’eux : ils sont tous immergés dans une économie capitaliste de marché avec ses rapports de force ; ils ont tous suivi le chemin qui consistait à entrer d’abord dans l’arène électorale, puis parlementaire, puis étatique, puis de composer avec un Etat à gérer au sein d’une arène internationale. Tout cela crée des dispositions et un apprentissage qui mène à appliquer des comportements et des solutions similaires. Mais je ne vois pas de copie d’un parti national à l’autre.

La situation de la démocratie en Europe est-elle plus inquiétante aujourd’hui que dans les 30 dernières années ?

Oui. Il y a une forme de dégradation de la composante démocratique de nos régimes représentatifs, libéraux et démocratisés. On en voit plusieurs manifestations. Un écart visible entre les attentes des électeurs, les choix électoraux et les politiques qui sont menées. Cela se traduit par exemple par une plus grande volatilité électorale, une moindre participation électorale, l’exclusion des milieux populaires du choix électoral. On peut aussi dire que les corps intermédiaires sont un autre canal que celui du vote pour influencer les dirigeants à faire tel ou tel choix, et ici aussi, on a constaté que ce canal s’est à peu près fermé et ces acteurs se sont affaiblis institutionnellement.

Il y a ainsi une forme d’insularisation des dirigeants, de décalage de plus en plus complet entre les différents espaces : de la citoyenneté, de l’action politique, de rencontre entre les dirigeants. C’est la réflexion de la sociologue Saskia Sassen : dans Critique de l’Etat. Territoires, autorité et droit, de l’époque médiévale à nos jours (éditions Demopolis-Monde Diplomatique, 2009), elle note que, lors de la période qualifiée généralement d’apogée de la démocratie – les années 1950-1980 – un territoire, une autorité et les droits associés coïncident ; à partir des années 1980, il commence à y avoir une disjonction entre ces trois éléments. On comprend tout de suite le problème que cela pose du point de vue démocratique. Les sociaux-démocrates ont accompagné cette transformation.

Leurs élites s’en sont bien sorties jusqu’en 2010, mais aujourd’hui, elles semblent un peu à la peine, et l’on voit d’autres forces s’affirmer. Certains parlent des “populismes”, mais je n’aime pas cette expression qui confond des forces très différentes et qui n’ont pas toujours les attributs du populisme. Disons qu’il s’agit de forces oppositionnelles, qui attaquent le consensus gouvernemental favorable à la mondialisation dans toutes ses dimensions (les unes attaquent la mondialisation sur le versant culturel, en revendiquant une clôture des identités nationales, les autres professent plutôt une mondialité alternative, où ressources et pouvoirs seraient mieux partagés, dans le respect des équilibres écologiques). Pays par pays, et aux Européennes depuis 2014 et 2019, ces forces progressent, signant l’avènement d’une phase de recomposition politique dans laquelle nous baignons. Il s’agit d’une période tantôt inquiétante, tantôt enthousiasmante selon nos préférences, mais en tous les cas passionnantes à observer.

(1) La reconversion partisane de la social-démocratie européenne, Ed. Dalloz, 2018

Fabien Escalona est docteur en science politique et est actuellement journaliste à Mediapart et chercheur associé au laboratoire Pacte (Sciences Po Grenoble). Sur le plan académique, il a rédigé et dirigé plusieurs travaux de politique comparée sur les gauches, notamment la social-démocratie. A Mediapart, il coordonne les entretiens vidéo du journal et rédige régulièrement des analyses sur la vie intellectuelle et politique en Europe.