Mr Cameron, sans gilet jaune et en veston de Premier ministre, a mis le Royaume-Uni et l’Europe intergouvernementale en branle-bas. Le feu couve depuis des décennies derrière les portes closes des organes intergouvernementaux de l’UE. On ne coopère pas, là, on s’y livre à coups de poignards, non plus de grandes épées trop visibles, au vieux jeu millénaire du club des princes monarques, d’emprise de territoire et de pouvoir, les uns sur les autres. On n’a simplement plus le droit de lancer des armées de soldats se trucider les uns les autres, comme avant 1945, façon militaire.

Mais façon stupides souverains rivaux économiques néolibéraux, ça reste d’actualité, ce qui ruine 95 % des Européens au profit des 5 % ultra-riches, car l’Union fiscale reste infaisable. Le ruissellement des richesses produites par les citoyens actifs de tous pays s’accumule dans les poches des milliardaires et les coffres des paradis fiscaux, et devient la mise des joueurs de casinos boursiers, heureux propriétaires des dettes publiques de nos États qui s’appauvrissent tous par effet domino. USA et Chine en profitent, rachètent à vil prix nos activités publiques et privées, pour les contrôler ou pour les détruire.

Mais les chefs de nos États membres accusent tous la vilaine Europe de choisir de mauvais partenaires mal intentionnés…sauf que ce sont eux qui pilotent en mode intergouvernemental l’Union européenne en direction de sa perte et non de sa sécurité renforcée ! Transformer l’UE en État de droit européen responsable et protecteur, ce n’est pas une priorité dans les cabinets ministériels, alors que c’en est une pour 513 millions de femmes et d’hommes de ce pays-continent, l’Europe.

Mrs May et Mr Corbyn se moquent que les Britanniques soient des Citoyens européens depuis 1992. Et que 3,5 millions de Citoyens européens d’autres pays deviennent subitement le 29 mars 2019 des “étrangers” sur le sol du Royaume-Uni. Que l’Irlande se déchire à nouveau entre Belfast et Dublin, à coups d’attentats. Gagner l’un sur l’autre, c’est leur seule ambition unique, façon York contre Lancastre, ils n’ont pas évolué d’un pouce depuis le Moyen- ge.

Une députée britannique courageuse a été tuée lors du référendum de 2016, parce qu’elle faisait campagne pour “Remain”. Quand les gouvernements falsifient le projet européen d’union démocratique et de prospérité partagée, l’inverse exact de la théorie du ruissellement par de valeureux “premiers de cordée” milliardaires, ils rendent furieux les peuples européens auxquels ils interdisent de se comporter en peuple européen de concitoyens égaux en droits et devoirs dans une grande démocratie continentale enfin solide. Et ça fait des centaines de millions de sacrifiés économiques – la joie des partis nationalistes extrémistes – puis des morts.

Que 70 % des Britanniques travaillent 70 heures par semaine pour vivre sous le seuil de pauvreté, que les traders saoudiens ou américains se replient de la City vers les places boursières de Paris, Francfort ou Milan, c’est no problem pour Mrs May et Mr Corbyn. Le duel fratricide à mort entre les deux clans politiques nationaux est leur seule préoccupation. Saper dans d’autres pays les envies nationalistes d’éclatement de la construction européenne entreprise depuis 1945, les tendances fascistes affirmées, ben non, ce n’est pas une priorité, pour l’une comme pour l’autre. Ils aiment quand ça saigne. Ils n’ont pas de problèmes de fins de mois, eux.

Etat centralisé à la française contre état fédéral à l'allemande

Mme Merkel a bien vu M. Macron tenter de rallier à sa cause – “l’Europe qui protège” – les autres gouvernements, mais il n’est crédible pour personne, ni en France ni ailleurs. Belle intention de solidarité retrouvée à Aix-la-Chapelle le 23 janvier 2019, entre les têtes d’exécutifs allemand et français, comme en 1963. Quelle fabuleuse avancée constructive de renommer traité d’Aix celui de l’Elysée, pour ses 56 ans !

M. Macron n’est pas crédible et fiable pour Berlin, car chef totipotent d’un État central ultra vertical, qui ne respecte pas ses collectivités territoriales, qui joue les actionnaires hôte des multinationales US, ce qui gène la construction de groupes franco-allemands adaptés à une concurrence mondiale plus féroce que jamais. Il demande un vrai Ministère européen des finances, un vrai budget européen conséquent…tout en faisant entrer les loups dans la bergerie France, et bizarrement, Mme Merkel lui rappelle que l’État allemand, lui, ne joue pas au monopoly avec les entreprises automobiles ou ferroviaires, que les Länder allemands sont respectés par des constitutions internes État-Région.

A toute mission attribuée à une Région allemande correspond une part des recettes fiscales du pays. C’est compatible avec un ordre fiscal européen. Pas ce que fait l’État français avec ses pouvoirs subalternes, avec le peuple français ; et ça, c’est grave. L’énorme problème qu’ont les Français avec l’État centralisé parisien, ce n’est pas tellement son secteur public, certes trop vertical mais assez performant, mais que l’État se pique d’être un stratège économique valable, alors qu’il fait des choix calamiteux depuis des décennies, au lieu de se contenter d’être un bon régulateur des activités privées, et un bon gestionnaire des activités publiques. Non seulement il a sacrifié lui-même des parts viables de l’industrie française dès les années 1970 mais, ne jurant que par le “big is beautiful”, il méprise les PME et ETI, vaches à lait fiscales qui n’ont pas accès à la pléthore de niches fiscales qu’il a développées en faveur des multinationales. Ce n’est pas un hasard si dans les pays européens fédéraux comme Allemagne, Autriche ou Suisse, les PME et ETI, leurs collectivités territoriales, leurs démocraties sont plus toniques et moins conflictuelles qu’en France.

Mme Merkel ne le dit pas ouvertement à M. Macron, mais on saisit très bien qu’elle pointe la même incohérence à réclamer une Europe plus construite en haut, revendiquée comme nécessaire par l’État français, alors qu’il n’entend pas ce que lui disent l’Amrf (Association des maires ruraux de France), l’APVF (Association des petites villes de France) et l’ARF (Association des Régions françaises) : “Reconstruire l’équilibre des pouvoirs en France, c’est ça qui nous rendra compatible avec les autres Communes et Régions d’Europe, et autorisera de créer des politiques européennes bien dotées pour toutes.”.

Effectivement, tant qu’un pays – la France – possède à lui seul plus de 40 % des Communes d’Europe, on ne peut pas accepter un changement de technologie du pouvoir européen permettant une ambitieuse politique en faveur des collectivités territoriales de toute l’Europe…très nécessaire, mais à cause de lui infaisable.

Alors quand M. Macron veut convaincre ses pairs des autres gouvernements qu’il “fait bien ses devoirs” en passant furtivement sous le seuil des 3 % de dette/PIB, au prix d’une injustice fiscale caractérisée qui transforme son coup d’éclat de 2017 en fiasco politique national, il ne fait pas ce qu’à la fois les Allemands et les Français attendent de lui comme “devoirs” : réorganiser la répartition des pouvoirs politiques et administratifs de la Vème République, ce qui rend alors possible un changement du gouvernement économique et social de l’UE. Parce qu’alors l’État français devenu fédéral ne présentera plus le risque de vouloir tout faire tout seul à Paris, et souvent plus mal que bien. Une réforme constitutionnelle cosmétique réduisant encore davantage le pouvoir du Parlement français, au lieu de l’étoffer, ça fait peur aux Allemands qui se demandent, fort justement, ce que deviendrait l’État français entre des mains extrémistes.

Gaulliste et de droite, M. Macron n’a pas du tout saisi qui l’avait élu haut la main face à Mme Le Pen : massivement des socio-démocrates et écologistes, volontiers européistes, auxquels il avait promis un nouveau pacte ni droite ni gauche dans tous ses meetings. Il ne les retrouvera pas en 2022 derrière lui mais face à lui.

M. Macron n’est pas cohérent avec lui-même : il veut l’Europe et les financiers américains en France, pour enfoncer l’Allemagne et les patrons allemands. L’État français n’est pas fédéral, mais ultra-centralisé : comment l’État allemand, qui l’est, peut lui faire confiance ? Il ne peut pas. Le traité d’Aix-la-Chapelle de 2019 est une entourloupe sémantique, au mieux une déclaration de bonnes intentions. Le vieux moteur franco-allemand d’unification fonctionnelle et démocratique de l’UE vient de rendre l’âme. La France doit devenir une république fédérale pour être crédible, qu’elle continue à s’appeler Vème République ou pas n’y change rien. L’UE aussi doit devenir une république fédérale pour équilibrer ses relations avec les grands États fédéraux tiers. On sait tous que c’est vital, ça.

Des “Gilets jaunes” à étoiles bleues partout en Europe ?

Ben oui, il en faut, maintenant. Les USA et la Chine sont des États fédéraux géants, ravis que les divisions fiscales, sociales et politiques d’une UE faite par le haut et ainsi mal faite, et sans le bas, leur permettent de la piller jusqu’à l’os, de bas en haut. La faute à qui si les vautours nous dépècent vivants ? À nos princes étatiques aux poches pleines d’abord. Mais aussi à nous, les Citoyens Européens qui avons depuis 1992 une citoyenneté que nous ignorons, au lieu de nous en servir pour refonder l’UE. Cette citoyenneté européenne a un fort potentiel démocratique via la Charte des droits fondamentaux, qui concentre 50 droits qu’il convient de faire passer du papier à la vie quotidienne des Européens. Fin définitive des tournois médiévaux entre chefs d’États, si on ferme l’UE intergouvernementale dans plusieurs organes de l’UE d’ici 2025.

Normal que des extrémistes de droite ou de gauche, nationalistes à l’ancienne, aient tenté de chapeauter le “Gilet jaune” français venu de sa classe moyenne, qui a bien compris qu’on la pousse d’en haut vers le déclassement en bas, quand entreprises et ceux qui gagnent plus de 9 000 € par mois paient moins d’impôts que les Smicards et retraités. Les riches privilégiés ont droit à un taux de prélèvement global de 30 à 35 %, dix points de moins que les salariés pauvres, 20 points de moins que l’ensemble de tous les Français.

Parce que l’État français, bonapartiste, joue les capitaines d’industrie et perd souvent, et qu’il ne le reconnaît jamais, préférant accuser les Français d’être trop gourmands en services publics. Autre problème, l’UE des 28 princes rivaux, politiques et administratifs, c’est un descendeur social, pas un ascenseur. Or les 3/4 de l’UE organique sont à conserver, même si 1/4 doit être refait à neuf pour inverser cette authentique trahison du sens initial de la construction du pouvoir européen.

Ni Ms May, ni M. Macron, ni Mme Merkel n’avouent que renvoyer de Bruxelles les États chez eux faire moins de choses et mieux, comme au temps de la CECA, et laisser l’État européen faire son job, des SEIG (Services Européens d’Intérêt Général) ici, et mener les négociations internationales avec les USA, la Chine, la Russie, l’Union africaine, etc. fait solution, somme toute fort simple. Des “Gilets jaunes” démocrates, eux, ont le courage politique de le dire, et ils sont l’écrasante majorité de ce mouvement citoyen spontané.

Oui, on sait tout ça, en France, même un menuisier du fin fond de la Gironde, à moitié belge, sait ça aujourd’hui. Il sait aussi que l’Euro et Schengen devraient servir à autre chose qu’au néolibéralisme financier ou qu’à faire de la Méditerranée un cimetière marin. La mise à niveau que les Allemands ont fait entre l’ex-RDA et l’ex-RFA, pas très sympa entre Ossies et Wessies mais globalement réussie, on peut la faire à vingt-huit si on utilise la BCE pour autre chose que déverser des montagnes de milliards d’euros sur les bourses de Singapour, de Shangaï ou Wall Street.

Combien d’emplois européens créés avec plus de 4 000 milliards d’euros émis depuis 2006, à raison de 80 par mois ? Zéro. On est encore plus idiots que les Américains qui jettent leurs milliards sur leur marché financier, avec 95 % de perte, parce qu’ils ne les injectent pas directement dans l’économie réelle. Nous, on perd tout et on renforce nos concurrents, avec la BCE qui n’a en face d’elle qu’un Semestre européen et un MSF (Mécanisme de Stabilité Financière) complètement aberrants. Plus débile que l’UE confédérale actuelle, tu meurs.

La Chine s’offre, elle, des routes de la soie qui cadenassent les économies et États périphériques, lentement mais sûrement, en mode conquérant, impérialiste sans modestie depuis que M. Xi Jinping est devenu président à vie, c'est-à-dire empereur. Ben oui, un État fédéral puissant, même si pas démocrate pour un sou, c’est utile. La Chine n’arrêtera d’exiger de nos États roitelets des transferts de technologie et de nos meilleurs ingénieurs, que devant l’État européen. Qu’on l’appelle États-Unis d’Europe ou autrement n’y change rien, on en a besoin depuis très longtemps, et seul le niveau d’irresponsabilité chronique de l’UE intergouvernementale l’interdit, par sa structure malpropre et inefficace à servir l’intérêt général européen.

Quel programme, quelle stratégie politique pour des “Gilets jaunes” à étoiles bleues ?

À lire les cahiers de l’Amrf (Association des maires ruraux de France), de l’APVF (Association des Petites Villes de France), et de l’ARF (Association des régions de France) : on est estomaqué par la qualité de ces contributions au Grand Débat national, commencé fin janvier en France. Loin d’être seulement des demandes budgétaires plaintives, elles sont pleines d’offres de services pour faire mieux et plus transparent en France, y compris avec les fonds structurels européens dédiés aux Régions et la PAC (Politique Agricole Commune). S’y profile très nettement que Communes et Régions françaises veulent s’assumer aussi pleinement européennes, et qu’elles n’entendent pas que l’État central reste seul à mener la politique européenne de la France.

On n’est plus en 1789, la France des 30 millions de non métropolitains, est quand même sacrément belle et intelligente, et pas à la remorque de ses 29 métropoles, comme nombre de métropolitains se plaisent à le croire avec un brin d’arrogance. La Pologne, la Hongrie, la Roumanie, l’Espagne, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie rurales ne sont pas aussi belles ? Si, vous êtes de très belles régions d’Europe, nourricières, et on vous doit un respect que l’Europe des métropoles ignore, alors qu’elle vit sur ça. Les anciens ruraux se laissaient tondre ou guider par des marchands de pesticides qui leur faisaient les poches, les néoruraux non. En France, l’intelligence n’est plus uniquement à Paris ou à Bordeaux.

Ceux et celles qui ont fait le projet T -Dem – projet de Traité pour la démocratisation du gouvernement économique et social de l’Europe – sont à saluer et soutenir. Ils ont dépassé beaucoup de difficultés obscures au citoyen de la rue pour l’élaborer, et offert un or qui n’est pas métallique, pas religieux, pas dogmatique ou idéologique, aux pieds d’un peuple européen, qui a tout intérêt à soutenir ce projet de changement de structure de l’UE, avec ou sans “Gilet jaunes” à étoiles bleues sur le dos.

T-Dem vient de la société civile européenne, d’économistes et juristes de toute l’Europe, n’est pas parisien ou berlinois, et ça se voit. Il n’est pas bloquable par l’UE, j’ai vérifié après m’en être méfié. On peut dire “Si on force Pedro, Emmanuel, Giuseppe, etc. à le signer, alors Angela signera aussi”. Du coup, l’Assemblée européenne qu’il prévoit pour enfin arrêter les insupportables bêtises de l’Eurogroupe – élargi désormais à tous États membres, non plus réservé aux seuls États de la zone euro actuelle – autorise de multiplier par quatre le budget européen et de s’attaquer, enfin, à une véritable Union fiscale, dès juin 2019.

La réforme des institutions européennes en État de droit européen, on la tient à terme en modifiant d’abord le système décisionnel de l’UE actuelle, avec ce T-Dem. Qui se présente en prime comme un traité prêt-à-signer, conforme aux traités constitutifs de l’UE. Là les PME et ETI, là les Communes et Régions européennes peuvent être supplées enfin, par le pouvoir européen. Leurs élus, leurs administrés ont tous intérêt à le lire et se l’approprier comme programme d’action. Pour des “Gilets jaunes Le Mouvement”, qui exclut des ses rangs les tapageurs et casseurs, et veut porter la liste conduite par Ingrid Levavasseur aux élections européennes de mai 2019, c’est du pain béni. C’est très propre, très cohérent, et surtout très faisable rapidement, ce T-Dem ! Merci à toi, société civile européenne, tu rattrapes par ta mobilisation constructive les erreurs et errements sans fin de nos piteux chefs de gouvernements.

C’est le top, le max du possible si GJEB (“Gilets Jaunes” à Étoiles Bleues) fleurissent partout, au printemps 2019, avec le T-Dem en bandoulière. Il est conçu pour tous les Européens, pas pour quelques Allemands et Français triés sur le volet, en catimini, par Berlin et Paris. Que tu habites Lublin ou Palerme, fille ou garçon, jeune ou vieux, si tu prends ton gilet routier, obligatoire tu le sais bien, pour en faire ta pancarte de revendication démocratique locale et continentale à la fois. Sur le mien, j’ai mis “Étoiles bleues” devant (pas étoiles jaunes sur fond bleu, et ça tombe bien cette inversion des couleurs, parce que l’Europe faite par le bas, c’est autre chose que l’Europe si mal faite par le haut) et “Justice pour tous = Union fiscale” derrière.

Des "Gilets jaunes" aux élections européennes

On ne sert pas le peuple des Citoyens Européens et les marchés financiers mondiaux en même temps, M. Macron. Il fallait barrer la route au FN, je n’ai pas eu d’états d’âme en 2017, j’ai fait campagne pour vous, mais sans illusion aucune après avoir lu votre livre Révolution. La révolution fiscale que vous avez faite est marquée du sceau de l’injustice et une croyance idéologique atrocement classique que seules les entreprises privées créent des richesses, alors que c’est faux à l’évidence, car les services publics en créent aussi. Et ces richesses là ne s’envolent pas dans des trous noirs financiers spéculatifs et autres paradis fiscaux.

Si de nombreux “Gilets jaunes” de toute l’Europe deviennent députés européens en mai 2019, ils pourront former un groupe très cohérent qui restera très connecté à la société civile européenne, parce qu’il vient de là, et pas des bancs des grandes écoles de politique. Et ça, ça change tout à ce qu’on peut réorganiser dans le pouvoir européen, ce que les anciens députés européens n’ont jamais cherché à faire, quand ils se passionnaient pour les tailles des mentions d’information du consommateur sur les boîtes de fromage.

L’avenir européen n’est pas écrit, c’est au présent nous tous qui l’écrivons, dans nos comportements comme dans nos pouvoirs représentatifs. Quand ils ne sont pas assez représentatifs, nous voulons les changer, eux, pour pouvoir ensuite les piloter autrement qu’avec un manuel d’école de commerce ultralibérale en tête. Le livre blanc sur l’avenir de l’Europe de la Commission Juncker était vide d’une ambition comme celle du T-Dem et des “Gilets jaunes” Le Mouvement. Nous pouvons changer les acteurs politiques comme les institutions, nous avons ce pouvoir politique, nous simples Citoyens Européens. Les Chinois ne l’ont pas, ils vont en prison quand ils cherchent à l’avoir. Nous l’avons, et on va s’en servir, pour faire une République européenne à terme, à partir du vilain machin intergouvernemental bloqué qu’est l’UE, que nos chefs d’États ne savent pas débloquer en mode Brexit ou traité d’Aix-la-Chapelle. C’est ça, notre projet, Mesdames May et Merkel, Messieurs Corbin et Macron.

T-Dem est-il compatible avec le RIC (Ralliement des Initiatives Citoyennes) lancé par Ingrid Levavasseur pour les élections européennes ? Et comment ! Les deux sont des initiatives citoyennes qui tiennent compte que l’on a deux citoyennetés et pas qu’une à mobiliser pour arriver à nos fins, doter toute l’Europe d’une grande cohérence d’architecture démocratique, et qu’elle serve à faire vivre en paix et prospérité partagée toute la société civile européenne avec esprit de justice sociale et respect des principes de l’État de droit, à tous niveaux de pouvoir. Tous, y compris au niveau européen, donc.