Les principaux constructeurs européens de camions s'étaient mis d'accord sur les prix de vente entre 1997 et 2011 pour “ralentir la mise au point de technologies visant une réduction d’émissions de CO2”, écrit le Financial Times, citant des documents de la Commission européenne qui ont fait l’objet de fuites.
Les groupes Daf Trucks, Daimler, Iveco, Scania, Volvo et MAN s’étaient entendus “pour mettre en place un calendrier et ont trouvé un accord sur le niveau de la hausse des prix au moment de l’introduction de nouvelles technologies”, notamment pour respecter les nouvelles normes Euro 3 en 2000. Ces entreprises contrôlent pratiquement l’intégralité du marché européen.
Le quotidien de la City précise que l’UE a effectué des “inspections” dans les sièges des constructeurs en 2011, qui ont été suivies par une “enquête qui s’est conclue par une liste de griefs qui ont été communiqués le mois dernier à ces entreprises”, selon le journal.
Les normes européennes sur les émissions de polluants ont pour but leur diminution progressive car “ils peuvent causer des problèmes respiratoires”. Avec chaque nouvelle “vague de normes, de nouvelles technologies de pointe doivent être mises en place, ce qui permet aux producteurs de camions d’augmenter les prix de leurs véhicules et […] de maintenir un prix d’entrée élevé”, explique le Financial Times.
Depuis les années 1980 et la financiarisation de l’économie, les acteurs de la finance nous ont appris que toute faille dans la loi cache une opportunité de gain à court terme. Les journalistes récompensés Stefano Valentino et Giorgio Michalopoulos décortiquent pour Voxeurop les dessous de la finance verte.
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