Une victoire de la France

Publié le 9 décembre 2011

Pour l'hebdomadaire britannique The Economist, le divorce qui vient d'être prononcé à Bruxelles est une victoire politique pour la France :

Pour le pays, sur le point de perdre son triple A et aujourd'hui second de l'Allemagne, ceci est une fameuse victoire politique. Le président Nicolas Sarkozy a longtemps prôné la création d'un noyau de la zone euro, sans les difficiles Britanniques, Scandinaves et Européens de l'Est qui généralement, suivent des politiques davantage libérales, orientées par les marchés. Et lui souhaitait que le noyau soit gouverné à partir d'une base inter-gouvernementale, c'est-à-dire par des responsables politiques plutôt que par des institutions européennes supranationales. Ceci va donc permettre à la France, et à M. Sarkozy en particulier, de maximiser son impact.

M. Sarkozy a fait des progrès substantiels sur les deux fronts. Le président a essayé de ne pas jubiler quand il est sorti à 5 heures du matin pour expliquer qu'un accord signé par les 27 membres de l'Union était impossible en raison de l'obstruction britannique.

Côté britannique, les bénéfices de ce qui s'est passé à Bruxelles sont loin d'être très clairs, écrit Charlemagne qui note au passage qu'il aura fallu à Cameron plus d'une demi-heure, après l'intervention de Sarkozy, pour venir justifier sa décision devant la presse :

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Le gouvernement britannique était convaincu que la Commission européenne, généralement un bastion du libéralisme en Europe, était en train d'élaborer des règlements hostiles à la City de Londres sous l'influence de son commissaire français au Marché intérieur, Michel Barnier. Et pourtant, étrangement, puisque Bruxelles était accusée de vouloir porter atteinte au cœur de l'économie britannique, presque toutes les nouvelles lois émises jusqu'ici ont été acceptées par les Britanniques (mais après beaucoup de combats acharnés en en coulisses). D'un point de vue tactique, également, il semble bizarre de se lever pour prendre la défense des financiers que les hommes politiques, aussi bien au Royaume-Uni et dans le reste de l'Europe, préfèrent dénoncer.

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