Peux-ton faire confiance aux Français pour la bonne conservation d'oeuvres d'art ? Non, déclarait sans détour fin août Josephine Oxley, conservatrice à l'English Heritage [la Commission des édifices et monuments historiques pour l’Angleterre]. Présentant certaines oeuvres exposées dans la propriété du premier Duke de Wellington, Mme Oxley avait alors lancé "Nous ne prêterons pas cela au Louvre, nous ne saurions pas dans quel état il nous reviendrait". La déclaration spontanée avait fait grincer quelques dents de l'autre côté de la Manche. Le Daily Telegraph qui, parmi d'autres publications britanniques, rapportait les propos de Mme Oxley, expliquait, preuves à l'appui, comment les Français étaient effectivement passés maitres en l'art de bousiller des œuvres de grande valeur ou comment ils les perdaient, tout bêtement, dans les méandres de leurs réserves bordéliques.
Le quotidien rappelait qu'au mois de mai, le célèbre pendule de Foucault s'était lamentablement écrasé sur le sol en marbre de la chapelle du Musée des arts et métiers de Paris après que l’accroche qui le reliait au câble eut malencontreusement lâché. Le même mois, cinq tableaux d'artistes parmi lesquels un Picasso et un Matisse, estimés à quelque 100 millions d’euros, furent volés au Musée d'art moderne de Paris. Le Modus operandi du voleur avait surpris par son caractère classique : muni d’un cutter, il s'était introduit de nuit en ouvrant une fenêtre…
Aussi, la plainte déposée vendredi dernier par le Musée des arts premiers du Quai Branly suite à la "disparition' de trois petits bijoux africains datant du début du XXe siècle et d'une valeur de 50 000 euros, vient corroborer les propos de la conservatrice britannique. Interrogé par Le Figaro, le Quai Branly s'explique : "Ils étaient dans la réserve du musée, sur un plateau avec d'autres objets. Début août, nous nous sommes aperçus qu'ils manquaient à l'appel". Le musée est incapable de dater leur disparition, poursuit Le Figaro. "Deux hypothèses sont sur la table : soit les objets ont été mal rangés, et on a perdu leur "traçabilité". La seconde hypothèse est plus brutale : il s'agirait d'une "indélicatesse "commise par un collaborateur du Musée des arts premiers. Un acte "compulsif" qui aurait été fait à l'aide d'une pince."
Afin de rassurer les collectionneurs-prêteurs, le musée a indiqué qu'il entendait "construire un énorme coffre-fort", "sans que l'on sache très bien comment ni pour y mettre quoi", précise cependant Le Figaro.
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