Ça peut arriver près de chez vous

Publié le 24 juin 2010

Et si après le golfe du Mexique, c’était en mer du Nord que survenait une explosion sur une plate-forme pétrolière offshore ? Un scénario on ne peut plus probable au vu de l’incident, survenu le 21 mai dernier, sur la plate-forme Gullfaks, du groupe pétrolier norvégien Statoil. En raison d’une pression instable dans un puits de forage, une partie de l'infrastructure fut évacuée d’urgence. L'incident était alors qualifié de "grave" par les autorités norvégiennes et plusieurs ONG qui redoutaient une explosion. Une intervention d’urgence ramena rapidement les choses à la normale. Mais survenu quelques jours après l’explosion sur Deepwater Horizon, l’incident avait de quoi en inquiéter plus d'un.

Elles seraient environ 500 plates-formes offshore (pétrolières et gazières) implantées dans le voisinage de l’Europe, pour la plupart en mer du Nord et dans une moindre mesure en mer de Norvège. Si la profondeur d’eau y est nettement moins grande que dans le golfe du Mexique, facilitant ainsi toute éventuelle intervention d’urgence, les risques sont non moins réels. Or pour le groupe des Verts européens, l’UE n’est absolument pas prête à affronter ce type de catastrophe. Trois d’entre eux, Michèle Rivasi (France), Bas Eickhout (Pays-Bas) et Bart Staes(Belgique), ont réclamé le 22 juin, au cours d’une conférence de presse, que la Commission et le Conseil imposent un moratoire sur les nouveaux forages pétroliers et gaziers en mer du Nord. Ils souhaitent que l’UE propose de nouvelles règles contraignantes, tant dans le domaine de la responsabilité juridique que dans la réponse à apporter en cas de catastrophe.

Depuis la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika en 1999, l’Union dispose d’une législationen matière de navires pétroliers ainsi qu'une agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA, basée à Lisbonne) mais le flou artistique règne en matière de forage en eaux profondes. Les trois eurodéputés proposent entre autres, que l’UE, au travers de l’EMSA ”contrôle les contrôleurs ” via des organismes de certification et d’audit. Un débat est prévu sur ce sujet entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission durant la session plénière du mois de juillet à Strasbourg (du 5 au 8).

La Libre Belgique, qui a rapporté l'appel des trois eurodéputés Verts, précise pour sa part, que la Commission européenne ”devrait rencontrer le 14 juillet prochain des représentants des sociétés pétrolières et gazières ainsi que leurs autorités nationales de surveillance afin d'évaluer l'opportunité de présenter de nouvelles règles.”

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