Le quotidien britannique Financial Times, se départirait-il de sa tendance plutôt pro européenne pour semer la panique sur les marchés à la défaveur de l'euro? C'est ce que laisse entendre le spécialiste des affaires européennes, Jean Quatremer, sur son blog, Coulisses de Bruxelles. "Pour la deuxième fois en moins de six mois, un article du FT a fait plonger les Bourses et l'euro, qui atteint alors son plus bas niveau depuis quatre ans" écrit-il. Jeudi 27 mai, le quotidien londonien rapportait que la Chine envisageait de se désengager de la zone euro en vendant de la dette grecque, italienne espagnole et portugaise. Suite à l'information non sourcée, "les marchés ont vendu illico à tour de bras de l'euro", constate Quatremer. La Chine, quant à elle, publiait rapidement un démenti à cette information. Le FT n'a ensuite fait aucun mea culpa. "*T*out cela n'est pas sérieux et prêterait à sourire si le FT n'était pas à son second mauvais coup", pousuit Quatremer. En janvier dernier, un court papier, toujours non sourcé, affirmait que la Chine avait refusé d'acheter 25 milliards de l'emprunt grec apportés par Goldman Sachs. "Aussitôt les marchés avaient liquidé de la dette grecque, faisant entrer la crise grecque dans sa phase aiguë" poursuit le correspondant de Libération à Bruxelles. L'influence du FT, communément qualifié de "bible du monde des affaires", est reconnue par tous les spécialistes financiers, les opérateurs "prenant leurs décisions en fonction des analyses fournies par des économistes, mais également des informations piochées dans les médias". Aussi, en diffusant de telles informations, "de simples rumeurs", le Financial Times a-t-il été victime de manipulation ou s'est-il, par des méthodes faisant fi de la déontologie journalistique, délibérément rangé du côté des fossoyeurs de la monnaie européenne ? Le journal n'a pas daigné répondre sur ce point à Quatremer.
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