L'Europe a voté pour John McCain

Publié le 9 juin 2009

Dans les pages débats du quotidien belge Le Soir (daté du mardi 9 juin), l'écrivain et journaliste Jean-Paul Marthoz propose une lecture originale des résultats des élections européennes.

"En novembre dernier, les enquêtes d'opinion prétendaient que plus de 70% des Européens auraient voté pour Barack Obama contre John McCain. (…) Or, pour qui viennent de voter une majorité des Européens ? Pour John Mc Cain", écrit-il. "En confirmant le poids d'un Parti populaire européen jusqu'aux confins du souverainisme le plus obtus et du populisme le plus rance, une partie décisive des électeurs européens a pris le contre-pied du 'changement dans la sérénité', incarné par Barack Obama".

Les partis arrivés en tête de ces élections, sont "liés idéologiquement voire même organiquement, au Parti républicain américain", souligne-t-il. Et de rappeler que L'Union démocrate internationale (UDI) qui siège à Londres - créée en 1983 par George Bush, Margaret Thatcher et Helmut Kohl - regroupe à la fois les Républicains américains, le Parti populaire européen et des partis beaucoup moins présentables tels que l'Union démocratique indépendante du Chili, héritière du régime militaire du général Pinochet.

Ces élections confirment un repli nationaliste, identitaire et conservateur et signalent un affaiblissement du "soft power européen" sur la scène mondiale, estime Jean-Paul Mathoz. C'est-à-dire "cet attrait que l'Europe avait si longtemps suscité dans des pays du Sud, séduits par son processus d'intégration et l'équilibre de son modèle économique et social". Tandis que l'Europe semble continuer à s'empêtrer dans la crise, les Etats-Unis, eux, reconquièrent la popularité qu'ils avaient perdue tout au long des huit années de la présidence Bush. Comme l'attestent les études du World Public Opinion de l'Université du Maryland, l'image des Etats-Unis s'est améliorée de manière sensible dans la plupart des pays du monde.

"Certes la majorité du Parlement européen reste ancrée autour de l'axe démocratique et modéré (…) Mais ce succès des eurocrispés contredit face au reste du monde, le discours officiel européen. Cette Europe-là sent la naphtaline et ne fait rêver personne", conclut Jean-Paul Marthoz.

photo : http://www.flickr.com/danagraves/

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