Diána Bánátivient d’entrer dans la liste déjà longue des fonctionnaires épinglés pour leur proximité avec les lobbies. L’actuelle présidente du conseil d’administration de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’agence chargée de donner des avis scientifiques à la Commission européenne sur tout ce qui touche la sécurité alimentaire – comme les OGM- aurait été membre du conseil d'administration du Life Science Institute (ILSI), une association qui regroupe les plus grandes entreprises de l’agroalimentaire comme Monsanto, Syngenta ou encore BASF. L’ILSI, précise Libération, qui consacre un article sur cette belle infiltration du lobby OGM, "s’est illustré aux Etats-Unis en fournissant des études 'scientifiques' sous-estimant les dangers du tabac, ce qui a conduit la justice américaine à s’intéresser à son fonctionnement. A la suite de cette affaire, l’OMS l’a retiré de sa liste d’organisations 'partenaires'."

Diána Bánáti aurait donc oublié de préciser sur son CV cet épisode de son parcours professionnel. Et tout se serait probablement bien passé si le député européen (Europe Ecologie) José Bové, le trublion de la cause anti-OGM, n’avait découvert le pot aux roses et partagé cette info, mercredi 29 septembre à Bruxelles, au cours d'une conférence de presse.

Diána Bánáti n’est pas un cas isolé au sein de l’EFSA, écrit Libé. "En avril, l’ancienne directrice du département OGM de l’AESA, Suzy Renckens, a été embauchée par l’agrochimiste Syngenta… L’actuel président du comité scientifique OGM de l’agence, le professeur Harry Kuiper, est, par ailleurs, le coordinateur d’Entransfood, un projet soutenu par l’UE visant à 'favoriser l’introduction des OGM sur le marché européen et rendre l’industrie européenne compétitive'». Voilà qui nous éclaire sur les avis obstinément positifs de l’EFSA pour l’autorisation de la culture des OGM.