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Le scandale sur l'espionnage américain a pris une tournure inattendue avec la détention sous le coup de la loi antiterroriste britannique, le 18 août, pendant neuf heures à l’aéroport d’Heathrow de Londres, du mari du journaliste qui a révélé l’étendue du programme de surveillance américain dans les colonnes du Guardian.

La première page du quotidien est une demande d’explications adressée au gouvernement sur la détention de David Miranda. Des sources affirment qu’il n’avait pas été retenu à la demande des Etats-Unis.

L’éditorial, intitulé "Une trahison de la confiance et du principe", condamne "le discrédit" jeté sur l'article 7 de la loi antiterroriste évoqué pour justifier cette détention :

La détention de Mr Miranda relève tout à la fois de la pêche aux renseignements pratiquée par les services de sécurité, de l'exercice de harcèlement policier et du signal envoyé par le gouvernement aux journalistes et autres lanceurs d’alerte. C’est une tentative d’intimidation du journalisme dans une zone de non-droit où une telle chose peut arriver sans réparation judiciaire.

D'autre part, le rédacteur en chef du Guardian Alan Rusbridger, révèle que quand le quotidien a publié les révélations sur l’espionnage américain – d’après des informations fournies par l’ancien agent de la NSA Edward Snowden – un haut fonctionnaire du gouvernement l’a contacté en lui demandant de détruire ou de renvoyer ces fichiers. S’il n’accédait pas à sa demande, le gouvernement engagerait "une procédure judiciaire" pour empêcher leur publication par le Guardian. Alan Rusbridger poursuit :

Il s’est alors produit l'un des moments les plus bizarres dans la longue histoire du Guardian. Deux experts en sécurité de la GCHQ [l’équivalent britannique de la NSA] ont surveillé la destruction des disques durs dans les sous-sols du Guardian, pour être bien sûrs qu'il ne restait plus rien dans ces petits morceaux de métal tordus qui puisse constituer un quelconque intérêt à être transmis à des agents chinois.