Le vent tourne pour Berlin. Après avoir été pendant des mois présentée par les hommes politiques français comme le modèle d'excellence, l'économie allemande est regardée depuis quelques jours et notamment depuis l'échec le 23 novembre de l'émission allemande à dix ans (sur les 6 milliards d'euros proposés, 35% n'ont pas trouvé preneur) sous un tout autre angle par la presse française (Le Monde, Les Echos, La Tribune, Mediapar). Une réalité économique bien loin des discours officiels français, souligne Le Figaro qui cite notamment un article duSpiegelpublié par Presseurop. Parmi les contre-vérités égrenées :
La croissance allemande s'essouffle : elle devait en 2012 ressortir en dessous de 1% après 3 % en 2011.
La situation fiscale allemande n'est pas très différente de celle de la France avec des taux d'imposition sur les sociétés très proches.
La peur de l'hyperinflation ne tiendrait pas du seul traumatisme de 1923, explique Le Figaro : l'Etat ne finançant que la retraite des plus pauvres, les Allemands sont encouragés à épargner pour leurs vieux jours et c'est donc pour protéger cette épargne que Berlin a peur de l'inflation.
La dette allemande est la plus élevée de tous les pays européens, avec 1700 milliards d'euros, soit bien au dessus des 60% prévus par le traité de Maastricht.
Le déficit allemand ne serait en réalité pas si faible qu'il y parait : un expert de Natixis a ainsi expliqué au Monde que grâce à "une tactique légale mais peu éthique" l'Allemagne a pu dégonfler son déficit. "Sans cette astuce le déficit allemand en 2009 n'aurait pas été de 3,2 % mais de 5,1 %".
Enfin, si le chômage a baissé en Allemagne passant de 9,5% en 2005 à 6,5% aujourd'hui, le système allemand a recours au travail à temps partiel et aux mini jobs. "L'absence de salaires minimum dans le secteur des services permet aux employeurs de payer les travailleurs moins de 5 euros de l'heure”,précise Le Figaro.
C.M
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