La France veut arrêter coûte que coûte la "marche de l’anglais" écrit le correspondant de The Independent à Paris, John Lichfield. Le journaliste rapporte la dernière avancée française en la matière: les résultats publiés, fin mars, d’un concours lancé auprès d’enfants et d’étudiants par le secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie. Le challenge consistait à trouver des équivalents français à cinq termes anglophones très usités par les jeunes générations. "Bolidage" a donc été choisi pour remplacer "tuning", "débat" pour "le talk" ; "l’infolettre" pour la "newsletter" ("niouzlettre" et "jourriel" étaient également en lice), sont arrivés ex æquo, "éblabla" et "tchatche" pour le mot "tchat". Enfin le très célèbre "buzz", qui désigne la rumeur qui court sur le web se dira désormais en bon français "ramdam". Et peu importe si le mot n’a pas plus d’origine française que "buzz ". (Le ramdam serait dérivé du mot "ramadan" et aurait désigné le bruit qui accompagne la fête qui célèbre la fin du jeûne musulman). Car le but, l’obsession des tenants de la langue de Molière, est de bouter le perfide et puissant envahisseur britannique hors des bouches françaises. Si ces 5 mots sont validés par les bataillons d’experts des commissions de terminologie et de néologie, ils seront publiés au Journal officiel de la République.
Mais seul le temps nous renseignera sur la véritable issue de cette contre-offensive. Car, comme nous le rappelle Lichfield, si certains mots ont percé comme "mondialisation" au lieu de "globalisation", "logiciel" au lieu de "software" ou encore "voyagistes" pour "tour operator", d’autres ont rapidement battu en retraite, relégués au rang de superbes flops, de véritables waterloos de la linguistique. Ainsi malgré la pugnacité des pourfendeurs de l’anglais, force est de constater, écrit Lichfield en toute objectivité que, "la vie des conducteurs français est toujours sauvée par 'des airs bags' et non par des 'sacs gonflables', qu’ils s’envoient toujours par SMS des 'smileys' et non 'des frimousses', qu’ils collent des 'posts-its' et non des ' papillons' et qu’enfin ils regardent des 'sitcoms' et non des 'comédies de situations pour la télévision'".
C.M.
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