Les bons points de l’accord franco-allemand

Publié le 6 décembre 2011

Alors que la presse de la plupart des pays européens sont plutôt réticents, du moins méfiants, à l'égard de l'accord trouvé entre Merkel et Sarkozy, plusieurs éditoriaux des presses françaises et allemandes affichent en revanche un certain optimisme.

Ainsi, malgré l'imminence de la campagne présidentielle, le journal de gauche [Libération écrit](http:// http://www.liberation.fr/economie/01012375909-relance) :

N’en déplaise aux petits marquis de l’outrance qui ont osé convoquer Bismarck pour dénoncer un abus de puissance impériale de l’Allemagne, ou même cru bon d’évoquer Daladier sur le chemin de Munich, l’accord arraché hier soir entre Paris et Berlin contient quelques bonnes nouvelles. (…)Si la France a accepté davantage d’intégration budgétaire, elle semble avoir fait entendre à l’Allemagne que l’usage mécanique de la sanction ne pouvait tenir lieu de politique. De même, le message de fermeté envoyé aux pays européens non-membres de l’euro, devrait enfin permettre d’avancer plus vite à dix-sept.

Et le journal d'appeler la gauche à donner à ce plan une vision "plus globale " et "d’inventer les conditions d’une relance crédible, tournée vers l’avenir. Une relance indispensable qui ne se ferait pas contre la rigueur mais avec elle."

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Le Monde écrit dans son éditorial:

L'accord franco-allemand annoncé lundi 5 décembre à Paris porte les germes d'une sortie de crise. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont tracé les grandes lignes d'une réforme de la gouvernance de la zone euro. […]

Le canevas arrêté à Paris va au coeur d'une des pathologies majeures de l'euro : l'absence de gouvernance budgétaire dans une fédération monétaire. A juste titre, Mme Merkel et M. Sarkozy ne se sont pas attachés à concocter un énième plan de soutien aux plus endettés des 17 membres de l'union monétaire. [...] Plus important, Mme Merkel et M. Sarkozy jurent que "la Grèce restera une exception". En somme, le retour de la confiance passe par cette règle chère à Jean-Claude Trichet, l'ancien patron de la BCE : il n'y aura plus de défaut partiel imposé aux créanciers privés d'un des Etats de la zone euro. Tout cela, savante synthèse berlino-parisienne, va dans la bonne direction. S&P eût gagné en sérieux en en prenant connaissance avant de jeter l'opprobre sur la zone euro. Pour son inconséquence, S&P mérite une très mauvaise note.

En Allemagne le Handelsblatt titre sur la "Percée lors du petit sommet de sauvetage" et annonce : "Après un an et demi d'une politique de sauvetage permanente, la solution se dessine pour la crise de l'euro. L'euro ne sera pas seulement défendu, il sera renforcé." Et pour le quotidien économique Financial Times Deutschland les résultats obtenus par les deux dirigeants sont remarquables :

Merkel et Sarkozy sont sérieux quand ils disent vouloir stabiliser l'euro en posant l'avenir de l'Europe sur un fondement plus fort. Avec leurs propositions ils ne peuvent, certes pas lutter contre les phénomènes de la crise actuelle - sur ce dossier, rapellons-le, il ne reste que la BCE en pompier de dernier secours. Mais il est aussi important d'affronter les erreurs de construction de l'union monétaire. Ceci renforce la confiance des investisseurs dans l'euro. Et pour cela précisément, les propositions de Merkel constituent un bon fondement.

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