Les Grecs privés de Parlement

erfga

Publié le 22 mai 2009

Le 8 mai, le Premier ministre grec, Costas Caramanlis, a ordonné la fin de la session de l'Assemblée nationale. Le parti au pouvoir, les conservateurs de la Nouvelle démocratie, justifie cette action par la tenue des élections européennes, mais l'opinion publique n'est pas dupe et la presse athénienne en fait ses gros titres. Caramanlis "a peur et rugit" en fermant le Parlement, considère ainsi Elefterothypia, tandis que Ta Nea évoque la "sacrée peur" du Premier ministre.

Pourquoi Caramanlis aurait-il eu peur ? "A présent", explique Giorgos Delastic dans le quotidien de gauche To Ethnos, "toute la Grèce a compris que Costas Caramanlis a fermé le Parlement pour pouvoir en finir avec les multiples scandales dans lesquels sont impliqués plusieurs de ses ministres, explique l'éditorialiste. Pas moins de quinze scandales devaient être passés au crible par une commission d'enquête parlementaire. Des écoutes téléphoniques à l'affaire Siemens, en passant par les obligations détournées, la privatisation contestée des télécoms grecs, les affaires immobilières avec les monastères du Mont Athos ou la tentative de suicide de l'ancien secrétaire général du ministère de la culture, tout devait y passer."

En Grèce, la loi empêche toute enquête du Parlement sur des affaires vieilles de plus de deux sessions parlementaires. Avec la fermeture anticipée de l'Assemblée nationale, la plupart des dossiers épineux pour le gouvernement deviennent prescriptibles. Une manoeuvre autorisée par la Constitution. Le Parlement avait déjà été fermé par anticipation quelques semaines avant les Jeux olympiques de 2004.

"Il faut dire qu'avec tous ces ministres englués dans tant de scandales et filières d'argent sale, Caramanlis n'avait pas d'autre choix s'il voulait éviter, pour le moment, des législatives anticipées et surtout voir son gouvernement en prison", ajoute Giorgos Delastic. "Cela signifie que les ministres impliqués peuvent bénéficier d'une prescription sur des scandales au coeur desquels ils se trouvent ! Une chose est sure, le Premier ministre n'a rien retenu des critiques à son encontre lorsque l'affaire des transactions immobilières olympiques et du Mont Athos a été révélée" à l'automne dernier. A l'époque, le chef du gouvernement avait voulu couvrir son ministre de la Marine marchande, en prononçant la phrase suivante : "La seule morale est ce qui est légal". "Justement..., rappelle le journaliste. Parlons en."

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