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Comment les plus grands feux de forêt d’Europe sont devenus la nouvelle normalité

L’été 2026 est marqué par une vague de feux de forêt qui frappe particulièrement durement les pays du sud de l’Europe. Une enquête transfrontalière révèle l’ampleur des dégâts provoqués par les incendies ces dernières années.

Publié le 28 juillet 2026
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L’Europe est confrontée à un avenir dystopique et embrasé. Au moment où nous écrivons ces lignes, 220 000 personnes ont fui leurs maisons et leurs hôtels pour échapper à l’incendie qui fait rage en Gironde, dans le sud-ouest de la France, où 42 000 hectares ont été réduits en cendres. Dans les Landes, un peu plus au sud, un feu de forêt a poussé 37 000 autres personnes à l’évacuation et a ravagé 3600 hectares de terrain. En Espagne, le gouvernement a appelé à l’aide l’UE, alors que le pays est ravagé par des incendies extrêmement violents à l’ouest de Madrid et dans les provinces d’Ávila et de Guadalajara. Les autorités indiquent que plus de 150 000 hectares ont déjà été brûlés dans 32 incendies en 2026, tandis qu’au moins douze personnes ont perdu la vie. 

Dans le sud de la Norvège, un incendie de forêt a dévoré plus d’une centaine d’habitations et une zone boisée dans la ville de Drammen. Parallèlement, 13 500 hectares dans le sud du Portugal ont également été réduits en cendres par l’énorme incendie qui s’est déclaré début juillet dans la ville de Vouzela, contraignant le gouvernement à solliciter des renforts européens pour aider à l’éteindre. Au même moment, deux personnes ont tragiquement perdu la vie dans un incendie à Oreókastro, dans le nord de la Grèce, tandis que les pompiers ont une nouvelle fois été appelés à la rescousse dans des régions – la péninsule de l’Attique et les îles d’Eubée et de Chios – déjà récemment touchées par d’importants feux de forêt.

Dans le cadre du projet ChatEurope et en collaboration avec sept partenaires médias du Réseau européen de journalisme de données, dont Voxeurop, le Mediterranean Institute for Investigative Reporting (MIIR) a enquêté sur cette recrudescence de plus en plus inquiétante des feux de forêt.

A plume of smoke drifting over Portugal and the Atlantic Ocean following the July wildfires. | European Union, Copernicus Sentinel-3 imagery
Un panache de fumée flottant au-dessus du Portugal et de l’océan Atlantique à la suite des feux de forêt de juillet. | Union européenne, image Copernicus Sentinel-3

Grâce à l’analyse des données du Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), nous avons mis en évidence l’impact croissant des incendies sur le continent européen au cours des dix dernières années. Nous avons analysé près de 24 000 incendies enregistrés par l’EFFIS dans 26 pays, sur une période s’étendant d’avril à octobre (la saison des incendies) de 2015 à 2025, et avons constaté que ces incendies de forêt ont laissé derrière eux au moins 4,5 millions d’hectares de terres brûlées à travers l’Europe – une superficie supérieure à celle de l’Estonie. 

La superficie estimée pourrait en réalité être encore plus importante, étant donné que les feux détectés par l’EFFIS représentent environ 95 % de la superficie totale brûlée déclarée au niveau national, les petits feux qui ne dépassent pas le seuil de détection par satellite n’étant pas pris en compte. 

Les résultats révèlent également que les grands feux de forêt sont devenus plus fréquents depuis 2021, qu’ils se concentrent dans un petit nombre de régions et qu’ils brûlent principalement des zones arbustives et des zones forestières de transition. Ils se produisent surtout dans les zones rurales et touchent de manière répétée bon nombre des mêmes sites protégés Natura 2000.

La recrudescence des feux de forêt extrêmes

“C’était un incendie d’une ampleur incroyable qui se propageait, et personne n’était là pour l’arrêter. Les pompiers qui étaient sur place ont déployé des efforts surhumains, mais ils n’ont pas pu l’arrêter. Le feu s’est éteint lorsqu’il a atteint la mer. C’est là que se trouvait mon entreprise, là où mon entrepôt a brûlé. C’est un miracle que personne n’ait perdu la vie”, raconte Sotiris Theodorou, résident et propriétaire d’une entreprise de restauration à Limnia, le port du village de Volissos, sur l’île de Chios, en Grèce. 

A house destroyed by fire on the island of Chios, Greece, 2025. | Photo: Sotiris Theodorou
Une maison détruite par un incendie sur l’île de Chios, en Grèce, en 2025. | Photo : Sotiris Theodorou

En l’espace de cinq jours après le début de l’incendie à Amani, sur l’île de Chios, en août dernier, environ 7 914 hectares de zones forestières de l’île ont été ravagés par les flammes. La majorité étaient des sites Natura 2000, des terres agricoles, des installations d’élevage, des habitations et des entreprises. Ce que Sotiris Theodorou confie au MIIR au sujet de l’incendie d’Amani fait écho à un phénomène auquel les Européens sont de plus en plus confrontés : celui des incendies extrêmes et de grande ampleur. 

Entre 2015 et 2025, l’Europe a connu 134 incendies de forêt de très grande ampleur, couvrant une superficie de plus de 5 000 hectares, dont 61 méga-incendies ayant dépassé les 10 000 hectares. Ces termes font référence non seulement à la taille de la superficie brûlée par les incendies, mais aussi au comportement extrême (forte intensité, vitesse) qu’ils manifestent lors de leur propagation. Selon les données de l’EFFIS, les méga-incendies se sont propagés principalement dans le sud de l’Europe : 25 en Espagne, 24 au Portugal, huit en Grèce, deux en France, un en Italie et un à Chypre. 

Les incendies de cette ampleur étaient plus rares jusqu’en 2020, à l’exception de l’année 2017, lorsque le Portugal a été frappé par des feux de forêt dévastateurs – l’une des pires années jamais enregistrées en Europe, avec 26 incendies extrêmes recensés. La situation a ensuite évolué : 13 incendies extrêmes en 2021, 22 en 2022, neuf en 2023, onze en 2024 et 18 en 2025. 

Les trois méga-feux les plus dévastateurs de ces cinq dernières années se sont également produits dans la région méditerranéenne : en Eubée, en Grèce, où 51 881 hectares ont été réduits en cendres en 2021 ; dans la province de Zamora, en Espagne, où plus de 60 000 hectares ont brûlé en 2022 ; et dans la région d’Evros, au nord de la Grèce, en 2023, où 96 610 hectares ont brûlé, ce qui reste le plus grand incendie de forêt jamais enregistré par l’EFFIS en Europe. 

Les méga-feux vont de pair avec le changement climatique 

L’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée en Europe, selon les données de Copernicus, dépassant de 1,17 °C la moyenne de la période 1991-2020. À l’échelle mondiale, les températures n’étaient que de 0,01 °C inférieures à celles de 2023, et de 0,13 °C inférieures à celles de 2024, qui reste l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les effets de la hausse des températures et des phénomènes météorologiques extrêmes ont un impact significatif sur la propagation des feux de forêt : 2025 a été la deuxième saison de feux de forêt la plus dévastatrice de l’histoire européenne, avec plus de 900 000 hectares de terres brûlées.

Près de 400 000 hectares ont été ravagés par les flammes l’année dernière rien qu’en Espagne, où le pays a connu sa pire saison de feux de forêt depuis 30 ans. Près de 89 % de l’ensemble des terres brûlées se concentraient dans seulement trois régions – Castille-et-León, la Galice et l’Estrémadure (à l’ouest de l’Espagne) – où certaines des communes les plus rurales et les plus dépeuplées ont été touchées. Huit personnes ont perdu la vie, tandis que plus de 42 000 habitants ont dû fuir leur domicile. 


“Les habitants ont quitté les villages et, par conséquent, les forêts ne sont plus gérées par les communautés locales : le pâturage a diminué, tout comme la production de résine, l’exploitation forestière, etc., ce qui a entraîné une augmentation des combustibles forestiers” – Ioannis Mitsopoulos


Selon Thierry Gauquelin, écologiste et professeur à l’Institut méditerranéen de la biodiversité et de l’écologie marine et continentale de l’université d’Aix-Marseille, le changement climatique pourrait entraîner une augmentation de la fréquence et de l’intensité des feux de forêt, ainsi que leur propagation dans des régions jusqu’alors épargnées : “Si l’on peut être inquiet en région méditerranéenne concernant l’apparition de méga-feux incontrôlables, on doit l’être encore plus concernant les régions du nord de la France, où il n’y a pas cette culture ancienne des incendies et où, par exemple en Bretagne, en Sologne, les feux vont devenir beaucoup plus fréquents”.

Qu’est-ce qui brûle en Europe ?  

Selon Ioannis Mitsopoulos, maître de conférences à l’Ecole de sylviculture et d’environnement naturel de l’université Aristote de Thessalonique, un autre facteur déterminant explique la propagation des incendies de grande ampleur : l’abandon des campagnes. “Les habitants ont quitté les villages et, par conséquent, les forêts ne sont plus gérées par les communautés locales : le pâturage a diminué, tout comme la production de résine, l’exploitation forestière, etc., ce qui a entraîné une augmentation des combustibles forestiers. Conjugué au changement climatique, ce phénomène a créé les conditions idéales pour de nombreux feux de forêt qui, s’ils échappent à tout contrôle, peuvent se transformer en méga-feux. En Grèce, au cours des 40 dernières années, 4 à 5 % des feux de forêt ont été responsables de 70 à 80 % des terres brûlées”.

Ce constat explique pourquoi la majorité des zones brûlées entre 2015 et 2025 – plus de 2,6 millions d’hectares, soit une superficie trois fois supérieure à celle des forêts denses brûlées – est constituée de maquis, de prairies, de zones boisées en régénération, ainsi que de terres agricoles abandonnées revenant à la végétation naturelle. Thodoris Giannaros, de l’Observatoire national d’Athènes, précise que ces zones sont classées comme des forêts et que leur combustion a un impact environnemental considérable.

Seuls quelques pays, à savoir la République tchèque, la Suède, la Finlande et la Slovénie, ont jusqu’à présent enregistré des périodes de feux de forêt dans des zones composées principalement de forêts denses. 

A burned forest on the island of Evia, Greece, 2022. | Photo: MIIR
Une forêt brûlée sur l’île d’Eubée, en Grèce, en 2022. | Photo : MIIR

L’analyse a également mis en évidence les dégâts considérables subis par le secteur agricole à la suite des feux de forêt, avec au moins 926 000 hectares de terres agricoles touchées, soit plus d’un cinquième de la superficie totale brûlée. 

La superficie des terres agricoles touchées a considérablement augmenté après 2020 pour atteindre un niveau record en 2025. L'Italie arrive en tête du classement, avec près de 260 000 hectares brûlés au cours de la dernière décennie, suivie du Portugal (232 000 ha), de l'Espagne (179 000 ha) et de la Grèce (128 000 ha). La Bulgarie, la Roumanie et la Croatie ont également subi d'importantes pertes agricoles.  

Des zones protégées en flammes

Natura 2000 est un réseau d’aires protégées de l’Union européenne mis en place pour protéger la biodiversité et l’environnement. L’une des conclusions les plus marquantes de l’étude est apparue en superposant les périmètres des incendies à l’ensemble de données officielles de Natura 2000 afin d’identifier les aires protégées touchées par les incendies : sur les 4,5 millions d’hectares au total brûlés au cours de la décennie, près de 1,3 million se trouvaient en chevauchement avec des terres protégées par Natura 2000. En effet, certaines années (2018, 2022, 2023), plus d’un tiers de la superficie totale brûlée se trouvait dans des zones protégées. 

L’analyse a également permis d’identifier 147 sites Natura 2000 à travers l’Europe qui ont été touchés par de grands feux de forêt au cours d’au moins deux années distinctes entre 2015 et 2025. Ce schéma de récurrence touche principalement des pays comme le Portugal (Serra da Estrela) et l’Espagne (Galice, Castille-et-León et les chaînes de montagnes proches de la frontière portugaise). Même l’Irlande compte un petit nombre de grands feux de forêt enregistrés sur des sites Natura. 

L’analyse du MIIR montre qu’en Grèce, les écosystèmes les plus précieux subissent également une pression constante due à des incendies de forêt récurrents, qui ne peuvent être considérés comme des incidents isolés. Les incendies de 2022 et 2023 dans la forêt de Dadia et dans l’ensemble de la région de l’Evros ont touché 63 336 hectares d’écosystème protégé. Des sites Natura ont été ravagés à plusieurs reprises par au moins deux incendies entre 2015 et 2025 dans l’Attique et le Péloponnèse ainsi que sur les îles de Chios, d’Eubée et de Zante.

Les belles forêts brûlent à nouveau magnifiquement 

“La récurrence des feux de forêt est peut-être le plus grand problème auquel nous sommes confrontés actuellement. Un écosystème méditerranéen mature se remet naturellement d’un incendie. Cependant, s’il est brûlé deux ou trois fois sur une période de vingt ans, il finira par être conduit à la dégradation et à la désertification”, résume Ilias Tziritis, coordinateur des actions contre les feux de forêt au WWF Grèce. “La région du nord-est de l’Attique avait déjà été ravagée par un incendie en 2009, et a de nouveau été consumée par les flammes en 2024. Les arbustes et les arbres en cours de régénération ont ainsi été détruits. Il s’agit là d’une perte considérable.”

Selon les données EFFIS traitées par l’Observatoire national d’Athènes, 13 incendies majeurs survenus dans la région de l’Attique entre 2017 et 2025 ont détruit au moins 46 500 hectares de forêt, soit 38 % de la superficie forestière totale entourant la capitale grecque. 

L’Attique figure également parmi les 20 régions classées comme présentant un “risque élevé” dans l’analyse du MIIR. Il s’agit des régions européennes ayant connu la plus grande superficie brûlée, représentant plus des trois quarts de la superficie totale brûlée entre 2015 et 2025 – et qui sont susceptibles d’être à nouveau menacées par des incendies. 

La liste comprend également la Grèce centrale au sens large, le Péloponnèse ainsi que la Macédoine orientale et la Thrace. Les autres régions sont également situées en Europe du Sud. 

Le défi de la lutte contre les méga-feux

“Les feux de forêt deviennent de plus en plus violents et destructeurs à travers l’Europe, avec des conséquences catastrophiques pour nos vies, l’environnement et les économies”, a déclaré en mars Jessika Roswall, commissaire chargée de l'Environnement, de la Résilience en matière d'eau et d'une Economie circulaire compétitive.

La Commission européenne a annoncé en juin le déploiement de la “plus grande force d’intervention jamais constituée pour lutter contre les feux de forêt” : 777 pompiers, 22 avions de lutte contre les incendies et cinq hélicoptères seraient prêts à venir en aide aux pays sous pression pendant cette saison des feux de forêt. Mais ces mesures de lutte suffiront-elles ?

Les experts s’accordent à dire que le défi le plus difficile à relever aujourd’hui réside dans la gravité croissante des feux de forêt et dans la prise de conscience qu’il est impossible d’y faire face sans mettre en œuvre des mesures préventives. 

“Nous devons prendre conscience à un moment donné que les avions ne suffisent pas. Si nous dépensons aujourd’hui dix euros, trois sont consacrés à la prévention et sept à la lutte contre les incendies. Ce rapport doit changer ; nous devons au moins viser une répartition 50-50. Le Portugal a atteint une répartition de 60-40 en faveur de la prévention et constate de meilleurs résultats. Nous devons également améliorer la planification préventive, afin de pouvoir atteindre le foyer d’un incendie dans la première demi-heure critique suivant son signalement”, souligne Ioannis Mitsopoulos, maître de conférences à l’université Aristote de Thessalonique.

Selon Ilias Tziritis, du WWF Grèce, le défi en Méditerranée consiste à rendre les feux de forêt moins destructeurs. “Nous n’avons pas davantage de feux de forêt. Nous avons des conditions plus défavorables et des incendies plus vastes qui brûlent avec une plus grande intensité. Lorsque la forêt de Feneos (dans le Péloponnèse) a brûlé avec une telle intensité, cela signifie quelque chose. Nous payons le prix d’une absence de gestion de longue date”, déclare-t-il. 

En Grèce, la nouvelle loi “Active Battle” est désormais en vigueur ; il s’agit d’un cadre juridique axé sur la prévention qui a jusqu’à présent été bien accueilli. Cependant, comme le souligne Ilias Tziritis, ces mesures mettent des années à porter leurs fruits. “La prévention demande du temps, de la patience et de la persévérance. Nous avons de nombreuses lois ; nous allons attendre de voir comment celle-ci sera mise en œuvre”.

Le financement est essentiel à ce processus. Il y a un an, la Cour des comptes européenne (CCE) a relevé dans son rapport un manque de transparence dans la manière dont la Commission et les Etats membres gèrent les fonds de l’UE – provenant principalement de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) – destinés à la prévention, à la préparation et à la reconstruction après les incendies de forêt. Elle a également souligné que plusieurs projets financés reposaient sur des informations obsolètes et manquaient de planification à long terme. 

Au total, au moins 3,5 milliards d’euros ont été alloués à la lutte contre les incendies de forêt dans l’UE entre 2021 et 2027. 

Les incendies en Europe, qui a été frappée par trois vagues de chaleur extrêmes en 2026, ont déjà ravagé une superficie supérieure à la moyenne annuelle des années précédentes, comme le montrent les données de l’EFFIS. La hausse des températures et la persistance d’incendies de grande ampleur – non seulement dans le sud, mais aussi dans le centre et le nord de l’Europe – laissent présager que les Européens seront désormais constamment confrontés à des incendies majeurs et à des conditions pyrométéorologiques qui continueront de menacer des vies humaines et des écosystèmes qui luttent pour leur survie. 

👉 Lire l'article original ici. La présentation sous forme de “scrolly-telling” du projet a été réalisée par Krisztián Szabó (Atlatszo). 
🤝 Cet article est publié en collaboration avec le Réseau européen de journalisme de données dans le cadre du projet ChatEurope et est diffusé sous licence CC BY-SA 4.0. Les partenaires médiatiques suivants ont collaboré à ce projet : MIIR (Grèce), Openpolis (Italie), Civio (Espagne), Voxeurop (France), European Correspondent (Belgique), The Journal (Irlande), Eurologus (Hongrie). Konstantina Maltepioti (MIIR) a réalisé l'analyse des données et créé les visualisations pour cette étude. Louiza Karageorgiou (MIIR) a réalisé les illustrations de cet article. La vérification des faits relatifs à l'analyse des données a été effectuée par Kata Moravecz (Eurologus).

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