Nouveau front français en Afrique

Publié le 5 avril 2011 à 10:29

Cover

« La France entre en guerre », annonce Libération à sa Une, après l’intervention « à la demande de l’ONU » de la force française Licorne (1 650 soldats) en Côte d’Ivoire aux côtés des Casques bleus de l’ONUCI, la mission de l’ONU. Le 4 avril, des hélicoptères de l’ONUCI et de l’armée de l’air française ont bombardé plusieurs positions des partisans du président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, qui refuse de céder le pouvoir à son rival, Alassane Ouattara, reconnu vainqueur des élections de novembre 2010 par la communauté internationale. « Cette intervention menée conjointement par l’ONU et une ancienne puissance coloniale [la Côte d’Ivoire a acquis son indépendance en 1960] est sans doute une première depuis la décolonisation », écrit Libération.

L’opération est justifiée en vertu de la résolution 1975, adoptée fin mars par le Conseil de sécurité de l’ONU. « En Libye comme en Côte d’Ivoire, même si Sarkozy s’en défend, la France prend partie et cherche en fait à déloger par la force Kadhafi et Gbagbo », écrit Libé. Et si les motifs humanitaires sont réels, poursuit le quotidien de gauche, « Sarkozy mène la France dans deux missions périlleuses ». « Pourquoi cette volonté de protéger les civils n’a-t-elle pas permis d’éviter le massacre de Duékoué, dans l’ouest du pays, dont les forces de Ouattara sont apparemment coupables ? », s’interroge le quotidien pour qui, en Libye comme en Côte-d’Ivoire, « les opposants seront toujours coupables, aux yeux de leur population, d’être arrivés au pouvoir dans les fourgons d’une armée étrangère ».

Média, entreprise ou organisation: découvrez notre offre de services éditoriaux sur-mesure et de traduction multilingue.

Soutenez le journalisme européen indépendant

La démocratie européenne a besoin de médias indépendants. Voxeurop a besoin de vous. Rejoignez notre communauté !

sur le même sujet